Être

Publié le 4 Mai 2013

Être

Cette grande folie que de croire que l'on sait quelque chose.

Plus grande encore que croire être ce que l'on sait de soi.

Nous sommes si lumineusement contradictoires, si infiniment multiples, que la moindre cohérence est en soi suspecte et le plus grand des principes n'est jamais que frêle passerelle sur abyme de ténèbres.

*

J'aime à m'appuyer dos au tronc de l'arbre et respirer par ses feuilles tandis qu'il me rassure sur ma propre existence.

*

Le temps, une brulure de l'âme.

*

La vérité brule.

*

Me consume, je renie les mots tout justes écrits.

*

Seul l'arbre fait corps, m'enracine à l'océan du monde.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

Commenter cet article

Pascale 21/05/2013 10:24

La part de l'ombre en nous, nos interrogations...
Et cet arbre dissimulé, dans cette forêt de chaises...
Cet arbre rassurant... Où est-il ?
Hors des constructions des hommes, sans doute...
Je me méfie de la lumière jaillies des églises, moi aussi...
Je leur préfère celles descendues du ciel dans les vraies forêts, adossée à l'arbre, là plus besoin de mots...

Nathanaël 22/05/2013 10:40

Et la part de lumière...
Bonjour Pascale.

Jonas D. 07/05/2013 09:57

Tu as cent fois raison et cent fois c'est pas mal. Et moi qui viens juste de suggérer le contraire de ta réflexion dans un commentaire. Vanité, éblouissement, méprise. Merci de m'avoir remis sous la douche. Excellente journée niçoise, amitiés.
Jonas

Nathanaël 09/05/2013 23:09

Navré pour la douche, là n'était pas mon intention, une simple réflexion du matin sur la fugacité de nos existences certes... J'espère que l'eau n'était pas trop froide !
Amitiés renouvelées.

Hélène Carle 06/05/2013 22:15

L'Arbre: un père qui nous met au monde.

Hélène*

Nathanaël 07/05/2013 07:39

j'aime cette image.

Fanny 06/05/2013 22:07

"s'enraciner à l'océan du monde", cette seule image résume toute la contradiction de cet écrit déjà renié ! J'aime.

Nathanaël 07/05/2013 07:38

Clap clap clap ... Joli ressenti Fanny, gai de te retrouver.

Laurence 06/05/2013 19:35

Nous sommes des êtres d'intuition et non pas de savoir. Merci encore une fois pour ces si merveilleux textes ! Pfiuu, je n'ose pas écrire moi du coup ... Mes mots sont si incertains, ternes et flous ...

Nathanaël 07/05/2013 07:38

Mets sur tes mots ce bout de plastique à deux balles qui te fait office de filtre pour le flou de tes photos et les voici incertains subtils et flottants au vent du jour intuitif.
Et continue d'oser je t'en prie.
Baci Laurence.

Fidji 06/05/2013 16:47

Ecrire ce n'est pas dire que l'on sait ? :):):):):):)
Rire c'est faire un saut sur le côté, s'amuser de ne pas savoir et recommencer à croire que l'on sait parce-que sinon on se casse la g....
J'ai dit "croire" parce-que la photo peut-être !?!

Nathanaël 07/05/2013 07:34

Ecrire c'est lutter contre l'impossibilité d'écrire, un bivouac de silence, perdu aussitôt que reparti. Et croire oui because la photo, de l'absence dans la lumière. Surtout ne pas croire ou croire que l'on ne sait pas. Seul dogme.
Et renier surtout renier incessamment !
Bise toute douce ma Fidji.

Cardamone 06/05/2013 13:49

Lumineusement contradictoires, oui - quel ennui ce serait si nous ne l'étions pas.
Ou bêtement compliqués? - si la joie de voir le vert des feuilles jouer avec le bleu du ciel pouvait durer plus que la fugace éternité de l'instant...
Folle que je suis il me semble savoir que ton texte est profondément beau!

Nathanaël 07/05/2013 07:29

Bien folle alors d'apprécier ce texte renié. Sourire.

eva 05/05/2013 10:57

L'arbre est rassurant, il nous relie profondément à la terre (c'est le thème d'une chanson de Barbara, et Brassens aussi chantait l'arbre...). Les cathédrales aux fûts réguliers apparaissent (dans la solitude fraîche et ombrée) comme de grandes forêts, et les vitraux sont l'accès vers la Lumière qui nous manque... Les vitraux lumineux sont destinés (en principe) à élever notre âme.
Oui Nathanaël, nous sommes tous, pleins de contradictions, encore faut-il en avoir conscience... Oui Nathanaël, ce sont elles qui nous consument... Mais comme le phoenix, l'homme renaît de ses cendres...
"- et que chaque caresse de l'air riant m'ait fait sourire, voilà ce que je ne me lasserai pas de te redire, Nathanaël. Je t'enseignerai la ferveur. Si j'avais su des choses plus belles, c'est celles-là que je t'aurais dites - celles-là, certes, et non pas d'autres."

Nathanaël 07/05/2013 07:28

la ferveur, un mot que j'affectionne. Bonjour Eva.