Porté.

Publié le 3 Mars 2013

Porté.

Porté.

Enfant, mes parents m'ont porté.

Puis à mon tour, un jour,

j'ai porté mon père, j'ai porté ma mère.

Portés en terre.

Poignée de métal, cercueil de bois, épaule gauche, devant, ultimes pas, derniers mouvements.

Portés par leur fils.

Temps de grésil pour l'un, grand soleil pour l'autre, Décembre pour les deux.

J'ai porté mon père, j'ai porté ma mère. Ensevelis.

Où que je pose mon genou au sol, ils me portent à nouveau sur le dos du monde.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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M
Si bien écrit. Un beau style.
Le mot est bien choisi, Les sens y sont, ceux du mot, ceux des sensations.
Un soupçon de mélancolie peut-être dans d'autres écrits : constat ou vécu ? Cela relève de l'intime...
Merci à Naïs, pour cette surprenante découverte : Toi !
Cordialement,
Mamie-Joëlle
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N
Bonjour Joelle et bienvenue.
Merci de cette appréciation, je viens faire un tour chez toi rapidement.
Bon Dimanche.
F
Et leur survivre....
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N
Oui...
J
Je suis très émue par ce texte qui vous raconte Nathanaël
j'ose, en écho, déposer ici mon temps qui est passé.
Portée par la mère
tirée par l'attention du père
Portée haut par leur regard
Je les ai ensuite accompagné dans leur fin de vie de labeur
dure maladie père en terre
mère depuis peu, lacher prise entourée par tous
j'étais la fille de
me voici où je suis sur la portée de ma vie
la musique de leurs mots dans mon coeur
me voici, à mon tour, devenue passeur de cette histoire, j'aime, de...voir de mémoire, j'aime vivre pour conter et peut être bien mourir.
Vous que je n'ai jamais vu, je me suis confiée.
et votre dernière phrase va pouvoir me porter "où que je poserai mon genou, ils me porteront sur le dos du monde" cette phrase me libère.
Nathanaël, je ne peux que vous remercier.
Moi, ja ma drou.
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N
Vivons !
C
Porté et emporté par le cycle de la vie... Mais nos parents, comme nos proches défunts restent vivants en nous et autour de nous... Telle est ma conviction, Nathanaël.

Emouvant cet écrit.
Cathy.
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N
Vivons !
N
Bonjour Nathanaël,
Ainsi va la vie oui, c'est un cycle inévitable...
C'est très beau. Tu as raison : Vivons !
Bises, bonne journée à toi
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N
Oui vivons, Nais', vivons !
F
Bonjour Nathanaël
Cette nuit au moment où le sommeil me fuit
je lisais un texte dans un magazine qui parlait de payer
ses dettes...D'amour...De fraternité...De filiation et d'hérédité
C'est ce que je crois percevoir dans ...Porté...
Bonne journée
Frieda
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N
Vivons !
E
Les disparus que l'on continue à aimer, les disparus auxquels on continue à penser, ne sont pas disparus complètement... Tant qu'ils sont vivants en nous, ils sont vivants à jamais et continuent de nous porter... Merci de l'avoir dit Nathanaël... Merci pour eux, merci pour nous...
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N
Vivons !
J
Emue... Il y a là une acceptation que j'aimerais trouver. Enfin garder, je la trouve par moment et la perds ensuite. Merci Nathanaël de cette vision poétique, philosophique, spirituelle aussi.
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N
Vivons !
L
Eternel recommencement...Laissons-nous porter sur le dos du monde et vivons !
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N
Vivons !
L
MERCI !! C'est tout simplement magnifique. Merci, merci !!
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N
Vivons !
C
Encore un très beau texte, si poignant. Réconfortant aussi. Je n'ai pas connu cette épreuve. Ma grand-mère, mon grand-oncle, oui, j'ai l'impression parfois qu'ils me portent, et aussi que je les porte en moi.
Portons-nous bien.
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N
Vivons !
J
Tu me projettes sur les douleurs à venir dont mes préoccupations de l'instant sont le prélude. Les parents ont cette mission : porter leurs enfants, dans le ventre pour l'une, sur les épaules pour l'autre. Merci pour ces mots forts et sincères, un soleil double brille au-dessus de ta tête.
http://www.jonas-doinint.com/article-horizontale-72287353.html
Amitiés.
Jonas
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N
Vivons !
P
Voilà un texte magnifique... L'essentiel y est dit, sans fard, dans le bruissement de tes ailes...
Merci !
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N
Vivons !
H
Et mutuellement se porter au-delà créant un mouvement d'ailes.

Un texte sublime et très touchant. Merci.

Hélène*
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N
Vivons !
E
La roue du temps qui tourne inexorablement mais nos parents comme nos ancêtres sont toujours là même si physiquement, ils ne sont plus rien... Très émouvant, merci Nathanaël
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N
Vivons !