Toujours et encore...

Publié le 10 Janvier 2014

Toujours et encore...

Cette sempiternelle sensation de tourner en rond.

Aah que cet abattement m'est familier, autant que sa raison.

Même l'image positive de la spirale, repassant par elle même, mais plus haut, ne m'est aujourd'hui d'aucun secours.

Les saisons sont parfois rudes aux hommes et la terre n'est pas qu'un lieu de délices.

J'aimerai, habillé d'une toile simple, ceinte d'une corde, danser nus pieds, sur la terre pauvre.

J'aimerai, à la source pure, désaltérer ma quête, un instant. Y délaver mon regard des scories du temps passé. Rincer ma carcasse des sables grinçants. Sauter tous murs de pierres, aller partout en désordre.

J'aimerai, suivre ce rien qui m'anime, ce rien que tout ici ensevelit, enténèbre.

La voix qui chuchote à l'oreille du dormeur, la langue qui trébuche sur un sépulcre, le lent ressassement du lambeau de rêve, le palimpseste griffé à la plume des mots, au tranchant de la pierre acérée, cairn de l'âme inaliénable.

Du bout des doigts des mots en papiers, brulants l'age des jours, cicatriser le temps.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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Pascale 22/02/2014 16:40

Bonjour (re) Nathanël
C'est fou comme les hasards nous conduisent parfois vers ces portes dont on ne soupçonnait même pas l'existence !
Je reviens dans tes pâturages et je "tombe" sur ces mots par hasard (s'il existait) juste après avoir terminé le livre de Haruki Murakami "La fin des temps", le connais-tu, un livre où l'on plonge avec les deux narrateurs (les deux ne font qu'un) vers la fin du monde, dans ce qu'il y a de rationnel et d'irrationnel, dans le monde, dans nos vies...
"Pourquoi le soleil continue à briller ?
Pourquoi est-ce les oiseaux continuent de chanter ?
Est-ce que par hasard ils ne sauraient pas
Que la fin du monde est déjà là ?"
H. M.
Comme tes mots pansent les maux Nathanaël, avec cette musique particulière, sur laquelle tu danses...
Encore !

Pascale 24/02/2014 17:42

Celui dont je te parle est nettement plus ancien : 1983 !
Mais je crois qu'il laisse souvent un goût étrange (en tout cas c'est mon cas)...
Parce qu'il nous parle de nos peurs je crois...
Je retourne chez moi alors !

Nathanaël 24/02/2014 17:05

Quel plaisir de te lire ici, merci Pascale.
De Murakami j'ai lu 1Q84 qui m'a laissé un arrière gout étrange, où son impossibilité de dire laisse planer une incompréhension indicible, un peu comme ce titre initiatique. Contemplatif et trépidant...
Je vais te retrouver chez toi.
P... Nathanaël.

Cardamone 16/01/2014 00:06

Et pourtant l'image de la spirale, il me semble la voir à l'oeuvre dans ce beau poème, par la force ascensionnelle de ces J'aimerai, par la corde de ces désirs, par le bout des doigts des mots en papier, tu nous tires bien au-dessus de l'abattement, merci Nathanaël.

Nathanaël 17/01/2014 16:04

Comme toujours Cardamone tu m'as fort bien lu, les mots venus suivant mon émotion ont pris leur ascension et du bout de leurs doigts menus m'ont tiré vers le haut. Écrire c'est lutter contre l’empêchement d'écrire, et parfois cela revient à lutter, dans ce cas, contre l’empêchement d'être. Merci, merci et bonjour Cardamone.

Laurence 14/01/2014 16:37

"J'aimerai, suivre ce rien qui m'anime, ce rien que tout ici ensevelit, enténèbre." : est-ce que c'est ce qu'on appelle un rêve ? C'est fort possible ...

Je suis, en tout cas, solidaire de ta quête

Nathanaël 14/01/2014 16:49

Oui un rêve, dans ce qu'il a d’insaisissable et qui laisse cependant une trace, comme un chant laisse une résonance. Alors toujours oui, irrémédiablement, et encore, suivre ce rien dont on sait toi et moi qu'il est tout.
On est déjà un début de club sur la toile ici, chez toi, Jonas, Eva, Louv...
Bonjour Laurence. ( Tiens au fait je vois Musica Nuda à Nice dans quelques jours )

Jonas D 13/01/2014 16:14

Toujours et encore des mots qui brûlent la peau comme du papier de soie. Quelle merveilleuse poésie t'habite cher Nathanaël, pour peindre ton désir de quête, sans cesse revisitée, reformulée, vêtues des saisons qui passent. Et si je te sens parfois ilote d'un mal, c'est bien de celui d'être poète. Que l'Olympe veille sur toi.
Jonas

Nathanaël 14/01/2014 10:35

Aah si l'Olympe ... Merci de ce regard Jonas. Ilote de la poésie c'est fort bien dit et c'est sans nul doute mon coté " ailes de libellule naissantes " qui parfois allège le pachyderme en moi. Bonjour mon ami.

eva 13/01/2014 09:58

... et revenir à la case départ (comme au jeu de l'oie) tu connais ? et aller à la case prison ? et passer son tour ? tu connais ?
Je hais ces temps morts de la vie, je hais ces trous noirs de la condition humaine, en revanche j'adore la sensation de flotter comme un petit nuage... et j'espère ce moment définitif qui me réduira à l'état de tapis volant...

Nathanaël 14/01/2014 10:21

L'idée des dés me séduit quant à l'avancement de la vie en un jeu de l'oie hasardeux.
Quant à devenir un tapis volant, l'image est belle, mais le souhaiter ? Je n'irai pas jusque là Eva, disons tenter de l'accepter oui. Bonjour Eva.

Juliette 12/01/2014 18:52

Que je connais Nathanaël cette sensation de tourner en rond, mais bon je ne le décris pas aussi bien, et c'est moins poétique moi quand je " cicatrise le temps" passé !

Nathanaël 14/01/2014 10:19

bonjour Juliette.