Dé-lire

Publié le 31 Mars 2014

tableau de Joseph Vien.

tableau de Joseph Vien.

Simplement se retournant dans les pages, de son livre, s'y lovant en chien de fusil entre trois phrases, tire à lui la couverture de carton, carton du mendiant qui s'isole de la société, ramène à lui pour vêtir sa nudité quatre mots, une virgule, lit de signes, lit dans son coin, loin des mœurs collectives, s'échappe de la déchirure, la fente qui l'enfante, la béance qu'il comble de mots nus, de mots lus sans les mastiquer des yeux, sans besoin d'articuler la vie terrestre.

Quelque chose se transmet du secret, embryonnaire dans le noir d'encre.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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Carmen Atonati 16/04/2014 20:26

Même dans le plus grand dénuement, l'homme absorbé par la lecture participe à la vie, il est dans son déploiement. Il y a dépassement de la douleur, que l'ermite aurait pu trouver dans la seule méditation ou la prière. Il lisait sans doute un livre saint avant de s'endormir, mais le pouvoir des mots n'est pas limité à ce genre d'écrits. Le corps irradie la lumière et montre une musculature étonnante pour un homme de cet âge qui a souffert de privations. La lecture est une jouvence et tes quelques lignes sont intenses.

Pascale 11/04/2014 18:17

L'émotion... "Les mots-si-on les avait tous"... il n'y aurait plus d'orthographe... Non plus... Probablement... Pourtant ces mots nécessaires, par lesquels on ne jaillit pas des ténèbres, mais qui nous hissent de temps à autres vers ce petit filet de lumière, qui nous fait vibrer, vivre, au final, accepter... un peu...
Ah je suis sans mots, comme d'habitude lorsque je te lis Nathanaël...

Nathanaël 17/04/2014 09:26

Accepter... J'aime " Consentir " .
Accepter c'est recevoir et prendre, il y a une forme de prédation.
Consentir, c'est sentir avec, penser avec, penser dans le même sens.
Si il n'y avait plus d'orthographe il resterait l’étymologie... Mais surtout comme tu le dis si bien, ce filet de lumière qui filtrerait entre les doigts de nos mains pelotonnées au sein de notre âme.
Bise Pascale.

Jonas D. 09/04/2014 10:13

Oui Nathanaël, j'ai la faiblesse de croire que celui qui, de la lecture fait son lit, parvient à déchirer un peu du voile qui nous enveloppe, nous, femmes et hommes de ce monde qui flottons entre d'autres mondes. Et puis, celle ou celui qui s'endort, livre béant devant son regard éteint par la nuit, n'est-elle, n'est-il pas en voyage nocturne vers une vérité, la sienne, celle que son esprit a trouvé dans les mots écrits ? C'est déjà pas si mal. Ton texte est, comme toujours, écrit du fond du puits vers la lumière. Compliments mon ami.
Jonas

Nathanaël 09/04/2014 17:39

Quel beau commentaire ! Nous partageons bien des points de vue, quoique à ce sujet, de point de vue, au sens propre, je me verrais plutôt écrire dans la lumière et regardant vers les ténèbres du fond du puits que l'inverse, encore que tout ce qui est en haut est en bas et vice-versa selon le fameux principe de la table d'émeraude !
Amitiés méditerranéennes, Jonas des multiples frontières d'en haut ou d'en bas.

eva 01/04/2014 15:12

Magnifique ! un régal pour un analyste éventuel... belle interprétation du tableau, bel éventail de jeux-de-mots ! Félicitations Nathanaël... j'adoooooooooore !

Nathanaël 01/04/2014 17:53

Je te rassure un analyste passe régulièrement par les pâturages.
Quant au tableau je ne l'ai trouvé qu'ultérieurement mais il est vrai qu'il "colle " parfaitement à mon ressenti.
J'arrive chez toi, bonsoir Eva.

Laurence 01/04/2014 13:23

Bonjour Nathanaël,

J'admire sincèrement ton talent à rendre Belle la douleur, la désespérance, l'isolement. Pffff, tu viens de me faire vivre un grand moment. Je ne sais pas manier les mots, mais l'émotion, je sais l'éprouver.

Chapeau l'artiste !

Nathanaël 01/04/2014 17:50

"l'émotion": " les mots si on" les avaient tous il n'y aurait plus de photographes !
Tu écris le monde avec ton regard, la pointe de ton objectif ( quel terme inapproprié pour tant de subjectivité ) et tes mots à toi sont photographies.
Les miens souvent convoquent des images et je suis heureux qu'ils fassent écho en toi.
Baci Laurence.

Juliette 01/04/2014 07:33

Obscure cette encre là...Elle fait son chemin, trace son sillon, son dé-lire comme dé-construire une forme de lecture ? Un peu hermétique Nathanaël !

Nathanaël 01/04/2014 17:43

Dé-Lire / Dé- lier un anagramme qui pèse ! mais je m'amuse...

Nathanaël 01/04/2014 17:41

A la relecture je trouve ma réponse un peu facile. Il y a bien là quelque chose de la déconstruction Juliette du Dé-lire de cette encre qui coule dans nos veines et noircit les pages de notre vie.
Bonsoir Juliette.

Nathanaël 01/04/2014 11:22

Sans doute faut-il passer par les ténèbres pour gagner la lumière. Bonjour Juliette.