Rémouleur.

Publié le 20 Avril 2014

Rémouleur.

C'est stupéfiant !

Plus nous tombons dans le matérialisme, plus nous nous dématérialisons.

Quelque chose du monde meurt et ce monde est en nous.

 

- L'image de nous même n'est plus l'autre incarné mais la photo, le cinéma, la télévision quotidienne. "Un vol de l'âme" disaient les anciens.

 

- L'argent, " monnaie d'échange ", n'est plus que flux électronique interplanétaire et l'on voit à quelle ruine cela nous mène.

 

- L'électronique, l'informatique... Dans ce monde moderne l'on nous demande de faire des choix à 300 kilomètres/heure, à 300 kilobits/seconde. Comment ne pas se tromper ?

Ce monde a tué la lenteur ! La lente heure.

 

- Nous en sommes même arrivés au livre électronique, parce que c'est pratique ! Est-ce-que l'on demande à la Joconde d'être pratique ?

 

Les mots sont écrits d'encre comme nos corps sont écrits de sang.

Je me sens comme un vieux rémouleur qui hurle sa vie dans les ruelles vides : " rééémouleur, rééémouleur " .

Donnez-moi un mot, un mot, que je l'aiguise à la meule tourbillonante de mon coeur.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #regards

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Jonas D 07/05/2014 10:13

Comment ne pas crier sur la place et au monde la bonne raison de ton article. Peut-être faisons-nous déjà partie du passé mais l'encre circule dans nos veines... Oui, le monde de dématérialise. J'avais un article (non abouti) sur le sujet. Je suis heureux de te lire car tu viens d'exprimer en quelques mots choisis l'ampleur du problème. On peut se promener dans des musées virtuels, et avoir plus d'un million d'amis sur la toile dont on ne connaît pas le sourire. Je suis le quai du vieux monde, je vois tout cela passer à grande vitesse, disparaître en illusions. Je regarde le large et les bateaux ne jettent plus l'encre ici. Deviendrais-je un partisan de l'immobilisme ? Serais-je déjà mort ? Merci Nathanaël. Amitiés.
Jonas

Cardamone 05/05/2014 22:58

Je suis d'accord, tu le sais Nathanaël.
Il y en a beaucoup, des mots et des plus beaux, usés par la com et les discours volontairement creux, qui auraient bien besoin de tes soins...

Nathanaël 08/05/2014 11:01

Oui je le sais Cardamone, et souvent tes mots sont issus de la même meule que la mienne. Des mots débarrassés des scories , bruts de lave. J'aime cela chez toi.
Bonjour Cardamone.

Carmen Atonati 30/04/2014 23:23

Prudence face au matérialisme qui entraîne dans sa densité, même le plus sensible de notre être.
Pour moi, il n'y a qu'un mot : Amour.
Pas celui de 68. Un amour plus vaste qui élargit la vision des choses.
Pas l'amour qui exige la liberté. L'amour qui donne avec patience et en silence sans s'oublier lui-même. (mais tout cela est propos d'idéaliste qui jette ses mots en pâture et fait des trous dans l'eau - activités non-matérialistes par excellence)

Nathanaël 04/05/2014 17:59

Cet amour là est bien beau et bien rare,raison de plus pour l'aiguiser à la meule de nos cœurs, et les étincelles de feu qu'il fait à l'affutage sont autant d'étoiles.
Bonsoir Carmen.

Pascale 27/04/2014 19:59

Alors je te donne le mot "Humanité"...
Ainsi que mes amicales pensées
Bises du soir

Nathanaël 04/05/2014 17:56

Quel beau mot, et avec tes amicales pensées je suis servi ! Merci merci.
Sourire à toi Pascale.

Laurence 24/04/2014 19:24

Non Nathanaël, nous sommes bien de chair et de sang, nous les lecteurs de ce blog qui n'a rien de virtuel non plus. Et nous nous émouvons de tes mots ! JE m'émeus de tes mots !

C'est une vue de l'esprit de toutes façons la matière, non ? "L'important n'est-il pas invisible pour les yeux" ?

Nathanaël 25/04/2014 10:35

Laurence, je reconnais bien là ta haute sensibilité 400 ASA. Et plus...
Merci de ton soutien participatif ! Et oui tu as raison ce n'est qu'avec le cœur que nous voyons bien.

Juliette 20/04/2014 07:59

Comme c'est bien vu Nathanaël, et bien écrit comme toujours. "Donnez-moi un mot, un mot, que je l'aiguise à la meule tourbillonante de mon coeur." Pour les livres comme je suis d'accord avec toi !
Tu t'es réveillé " éveillé " ce matin...
Merci de ce regard.

Nathanaël 20/04/2014 08:02

Quand les livres disparaissent ce sont les libraires qui meurent.
Et dans libraire j'entends LIBRE AIR...
Bonjour Juliette. Heureux de te retrouver par les pâturages.