Un temps.

Publié le 5 Octobre 2014

La barque de charon

La barque de charon

La nuit ne se retire pas toute entière des jours que nous vivons.

Une pénombre passe sur un visage, y demeure le temps d'un souffle de vent, une langueur se saisit d'un geste, un mot se glisse à la place d'un autre, inentendu, un pas trébuche là où il est maintes fois passé. Restes nocturnes qui hantent le grenier imaginaire de nos pensées insoumises.

Ce n'est pas la mémoire. C'est un reliquaire insu de l'enfance en nous. Refoulé à la censure des jours, le sabbat nocturne ranime incubes, succubes et autres, la strix... Ils font ripaille de notre raison, insultent l'innocence, se repaissent de toute volonté affermie.

L'unique nuit , l'unique jour, pour toujours se reproduit en une vie passée à l'ombre qui se désamarre, quitte la terre, dérive.

La vraie folie est de l'ignorer.

La vraie joie est de jouir d'un peu d'insularité dans l'âme et de consentir.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

Commenter cet article

Pascale 25/11/2014 09:53

Bonjour Nathanaël,
En lisant tes mots Nathanaël, je songe plutôt à ce qui nous hante, les non-dits, ce que l'inconscient refoule, mais qui plane en nous.
Je lis ton évocation tellement poétique, après avoir publié l'histoire de Jane... Et comme elle résonne dans tes mots !

Nathanaël 31/12/2014 07:50

Oui Pascale,
Ce qui nous habite, ou, nous hante c'est selon. Et Jane est si proche !
Bon passage à la prochaine année Pascale.

Carmen Atonati 23/10/2014 18:08

Les rêves sont une bénédiction, tellement préférable à une nuit sans sommeil !
Merveilleuse caverne des songes où se crée toute image, où s'engouffrent toutes les émotions... et les couleurs, les parfums... tout y est... absolument tout ! J'aime ces films que l'inconscient tisse avec ces souvenirs emmagasinés depuis la nuit des temps. Le jour pour la réalité. La nuit pour la recréation. Et puis l'écho entre les deux. Oui, "La nuit ne se retire pas toute entière des jours que nous vivons." Merci pour cette entrée en poésie et pour les mots qui la suivent.

Nathanaël 29/10/2014 10:07

En cinémascope ! et surtout comme tu le dis Carmen en résonance pour autant que l'on s'accorde quelque présence à soi même. Bonjour.

Promeneuse 19/10/2014 08:13

Belle pâture ce matin, picorée dans ton grenier imaginaire. Un régal pour l'âme...
Merci, bon-jour, Nathanaël, mon frère.

Nathanaël 29/10/2014 10:06

Bon jour Promeneuse.

Cardamone 16/10/2014 22:01

Consentir, oui, puisque de toute façon qui veut faire l'ange fera la bête
Sous le charme de ce magnifique poème une fois de plus aux Pâturages

Nathanaël 29/10/2014 10:05

Bonjour Cardamone, heureux de ton passage.

Laurence Chellali 08/10/2014 11:18

Oh, quel bonheur de retrouver tes mots !!! Sincèrement, cela ne change pas, je suis sous le charme de tes mélodies langagières. Je savoure maintenant :)

Nathanaël 12/10/2014 15:45

Sourire. Bonjour Laurence.

eva 05/10/2014 23:16

Une magnifique et poétique définition de l'inconscient collectif... Un beau retour, accompagné d'une belle illustration ! Merci Nathanaël pour ces deux cadeaux superbes...

Nathanaël 12/10/2014 15:44

L'inconscient collectif oui Eva, aussi. Le rôle des songes dans nos vies, si l'on y prête quelque attention. Cette part de nous à l'envers du savoir où tant de connaissance git. C'est la vie qui est poétique. Bonjour Eva.