L'arbre

Publié le 23 Juin 2015

L'arbre

Un arbre solitaire à la plaine,

agitait sa branche au vent,

me saluant,

d'une pensée je lui répondais.

*

Un arbre anachorète,

est toujours une pensée sauvage.

*

Au bord du chemin,

il,

regarde passer,

regarde passer,

et au passant,

encore, toujours,

offre son ombre.

*

Celui-là,

penché sur la pente ardue,

qu'il escalade, depuis tant d'années,

...Qu'importe le sommet ?

*

Et celui-ci,

au corps tordu,

vouté sous le poids des secrets,

du vent colporté.

*

Cet arbre là,

mord la terre,

de toutes ses racines,

et,

ne lui pardonne pas de briser sa course.

*

Celui-ci dans sa garrigue,

préfère les lieux sauvages,

aux lieux communs.

*

Dans le vent de la nuit,

de sa branche,

époussette,

la vieillesse des étoiles.

*

Ici,

celui-ci,

attends la mort,

dans le pénitencier,

d'une cour urbaine.

*

Ombélli-frères

*

Sont-ce les saules pleureurs,

qui font les rivières,

de larmes ?

*

Et les cyprès des cimetières,

en cierges verts dressés,

au ciel bleu des vivants,

décolorés de larmes.

*

Celui-ci ,

qui au coté du sentier battu,

le console d'une berceuse de feuilles au vent.

*

Celui-là,

pris de froid,

se chausse de neige,

se couvre d'une écharpe de brume.

*

Ceux-là,

débordants des hauteurs,

Au versant du torrent,

Ceux-là,

sautent à la gorge de la vallée.

*

J'aime celui solitaire,

planté droit dans les éboulements,

écho des applaudissements à son être.

*

Lui, aux branches jointes,

au ciel,

foule aux racines,

son tapis de prière,

en fleurs des prés.

*

Ce dernier,

solitaire au champ labouré,

vestige commémoratif,

d'une forêt moribonde ?

*

Fleurs à la boutonnière des champs,

arbres bien coiffé au vent,

passe le temps, élégant.

*

Alors que celui-ci,

foudroyé,

est l'épine,

planté au pied de la terre.

*

La terre est peut-être bleue,

Mais sa chevelure est verte.

*

D'ailleurs,

si les arbres meurent,

la terre finira chauve.

*

L'autre rit de toutes ses feuilles,

aux chatouillis de la pluie,

et cela tinte,

à l’âme pure.

*

" Qui m'aime me suive ",

lui murmure le vent,

et lui,

de le regarder s'effilocher,

à ses branchages.

*

L'orée du bois,

ses ronciers,

la forêt n'est pas une dame facile.

*

Et l'arbre solitaire,

de sa vie,

cultive la terre.

*

Celui-ci,

a trébuché,

au flanc de la falaise,

qui tient qui ?

*

Avec mes amis les arbres,

marcher sans but,

est un objectif...

Que c'est bon de perdre son temps,

à chercher son chemin...

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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J
Voilà un torrent, que dis-je une cascade, des plus hautes, des plus impétueuses, un chute, un souffle long et parfumé de mots pour gratifier de ta poésie le monde si étonnant des arbres dont l'aspect souvent est un univers. "Si les arbres meurent, la terre finira chauve". Cela n'arrivera pas, car malgré nos efforts de déracinement, de coupe et d'embrasement, nous aurons depuis longtemps disparu que la dernière racine du dernier arbre produira une forêt. J'aime profondément ton poème. Merci. Jonas
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N
Je suis bien d'accord avec toi, la dernière racine nous survivra, tout autant vieilles branches que nous devenions, nous ne mangerons pas les racines ou les pissenlits par la... Mais ils se nourriront de notre bêtise. Et c'est rassurant. Bien le bonjour Ami qui passait par ici.
C
Jamais seul dans la nature en compagnie de nos frères les arbres. Merci pour ce carnet de voyage dédié à ces enracinés qui nous touchent tant ! Erin
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C
Bonne journée à toi aussi, Nathanaël !
C
Le vent, hier dans les Landes de Cojoux, peignait, au couteau, des sourires dans la masse des feuillus (au final c'était comme s'il les calquait sur le tableau fixe du paysage). Tant d'images-mots nous viennent au contact de la nature !
N
Jamais seuls. Et le vent aussi, fidèle compagnon des feuilles. Bonjour Carmen.
C
Merci pour cette marche merveilleuse Nathanaël
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N
Certains arbres à la mer-veillent à ce que les flots ne nous envahissent pas. Bonjour Cardamone..
J
L'éléphant à l'ombre de l'arbre rêve
L'Afrique n'est pas loin
L'arbre Moabi dit à l'éléphant:
"toi et moi sommes menacés d'extinction
alors vivons notre temps compté
écrivons l'impermanence des choses
aimons les étoiles."
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N
Ces deux là se comprennent bien. Bonjour Jamadrou
H
L'arbre et l'éléphant sont parents. L'éléphant est un arbre qui voyage. L'arbre est un éléphant qui a mis ses défenses dans la terre pour voyager en-dedans.

Votre poésie est sublime, je trouve.
Hélène*
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N
J'aime beaucoup ce que vous dites là, Helene*.
J
J'aime beaucoup ce regard poétique, si poétique.
Merci Nathanaël.
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N
Bonjour Juliette.