Café.

Publié le 20 Janvier 2016

Café.

Le silence est la nudité de la parole.

*

Le silence est toujours intime.

Derrière la nudité toujours nous attend l'inconnu.

Délestés du langage, la peau est le verbe.

*

Aujourd'hui nous sommes au tout collectif, à la transparence.

Or avoir une âme c'est avoir un secret.

Le tout public a t-il tué le secret ?

*

Je guette au petit matin le premier rayon de lumière; sans la conscience de la mort pas d'âme possible. Sans le savoir de la nuit, pas de lumière authentique. L'expérimentation de sa propre nuit.

*

Le silence et l'âme sont indissociables.

*

La tourterelle est là, sous mon poivrier, a picorer les graines que j'y ai jetées, quelques moineaux à la mangeoire suspendue... Cela me tient lieu de monde ce matin, ou de l'âme ou de la beauté jamais atteinte...

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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Hélène Carle 23/01/2016 16:47

Avec la conscience de l'éternité, l'âme peut danser. Et un oiseau à une mangeoire, au matin, le sait très très bien...
Hélène*

eva 21/01/2016 16:33

oui Nathanaël, oui, le silence est toujours intime... J'aime le silence, c'est mon compagnon favori... il est ma paix. Non, le "tout-public" n'a pas tué le secret... Tu le sais toi qui écris ici... Tu écris et tu garde ton secret... Jalousement...et ta tourterelle est cousine de la mienne (enfin, de celle de Montale) :

« Je vois un oiseau immobile sur la gouttière,
On croirait un pigeon, mais plus élancé,
Une vague touffe sur la tête – ou le vent peut-être,
Qu’en sait-on, les vitres sont fermées.
Si tu le vois toi aussi quand t’éveillent les hors-bord,
C’est tout ce qu’il nous est donné de savoir sur le bonheur.
Il coûte trop cher, il n’est pas pour nous,
Qui le détient ne sait qu’en faire. »
Eugenio Montale.
Poèmes choisis (1916-1980)
Edition nouvelle de Patrice Dyerval Angelini

jean-Pierre Tondini 21/01/2016 13:13

L'âme est peut-être indissociable du silence, sans doute si on a gagné notre paix. Mon âme pourtant fait encore un vacarme assourdissant. Il me faudrait approcher ces volatiles que tu décris et que tu nourris. Commencer à chercher la paix à travers les chants de l'oiseau est un bon début. Merci Nathanaël pour ces mots de l'aube qui m'apaisent. Amitiés. JPT