Voici venu ce jour que tu n'as pas connu.

Publié le 24 Septembre 2017

Voici venu ce jour que tu n'as pas connu.

Les mots sont la seule résurrection pour ce qui a disparu.

 

Avec chaque amour, on change de passé.

Mais toi qui m'a si tôt laissé, tu es resté mon Jadis.

Voici venu le jour que tu n'as pas connu.

Ce jour d'anniversaire où mes jours sont devenus plus nombreux que les tiens.

 

L'usure et le poids de chaque heure enfouissent ou dispersent les vestiges, mais mon passé t'a exhumé peu à peu de ton absence et c'est à mes cotés qu'aujourd'hui tu te tiens, plus que jamais.

Et si la mémoire ne trie rien, ensevelit et cèle; moi je te réanime, insoumis à la loi de l'oubli.

Ma filiation se tisse du fil du temps qui passe, et, je m'en fais un manteau d'indocilité à ta disparition.

 

Celle qui t'a retiré à moi, m'a défait de toi...

Mais de la forclusion de ton nom, je me suis fait justice,  je me suis fait rebelle des fruits de ce temps qui enrage.

La paix vient...

Ton absence m'inonde de ta présence.

 

Voici venu ce temps que tu n'as pas connu, je vais au devant de tes derniers pas, au delà de ta trace, ouvrir le chemin aux miens.

Qu'ils aillent plus loin, que tu ne l'as pu.

Comme pour moi tu l'aurai voulu.

Te voici nommé mon père, mon ancêtre, aujourd'hui plus jeune que moi.

Te voilà nommé mon père, et le fils que je suis, sera à jamais, le fils que j'étais.

PH.

 

 

 

 

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #Ecrits

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Cardamone 10/12/2017 12:19

Très très belle réanimation poétique. Merci toujours pour tes mots si forts et vibrants

Nathanaël 17/12/2017 09:48

Ceux-ci attendaient, des mots d'anniversaire à souffler comme des bougies, mais dont la cire patine le gâteau de la vie. Bonjour Cardamone.

eva 29/10/2017 16:26

Ton texte tout soudain pour le coeur... Parce que moi, mon père, très tôt, a dû être l'image pour moi d'un fils, puis d'un petit-fils... Oui, c'est une impression très étrange, et poignante aussi... et je peux dire aussi que son absence m'a toujours inondée de sa présence, une présence fantasmée, rêvée, imaginée... juste une photo sans mouvement mais pourvue d'une âme... une photo tant aimée, tant animée... (puisque comme tu le sais "âme" et "anima" ont la même origine linguistique). Je t'embrasse...

Nathanaël 08/11/2017 08:30

Un intime partage.
Bien à toi Eva.

jamadrou 19/10/2017 16:49

Dépasser la date fatidique doit être soulagement.
Tu peux maintenant faire de ce présent le cadeau d'un père à son enfant
tu peux être "son absence t'inonde de sa présence." tu peux au delà de la trace de ton père tracer un beau chemin aux tiens, ta fille, les autres, oui tu peux vivre en paix, il est là derrière toi et te suit du regard.

(j'avance lentement vers son âge, mes pas son lourds, pourrai-je aller plus loin que lui? il y a une notion de mérite qui souvent me frôle, je ne sais si je dois m'accorder le droit d'aller plus loin que lui, je suis dans l'incertitude, tout près du renoncement...filiation, filiation mais qu'est-ce donc?)

MD 10/10/2017 07:06

Beau et émouvant...

Nathanaël 18/10/2017 09:22

Merci de ton passage aux pâturages, Bonjour Martine.

Jean-Pierre Tondini 09/10/2017 19:58

Admirable.Sans mots je reste. Respect et tendresse. Amitiés en renfort.

Nathanaël 18/10/2017 09:25

Les renforts sont toujours les bienvenus !
Ils sont peu nombreux quant au sens des mots, aux émotions qu'ils véhiculent.
Une époque de coma émotionnel...
Ce n'est pas la poésie qui se meurt, c'est l'émotion profonde, c'est le lien que nous avons avec la vie.
Merci d'exister ami Jean-Pierre

jamadrou 08/10/2017 10:03

"Les mots sont la seule résurrection pour ce qui a disparu."
Et tes mots sont beaux PH.

Nathanaël 18/10/2017 09:27

Bonjour Jamadrou.
Une bien drôle sensation que celle-ci... Devenir par l'âge le père de son papa ?