Egarés

Publié le 3 Avril 2013

Egarés

Egarés.

Une femme dans le temps nous a abandonné. Elle nous a laissé dans un corps séparé, elle nous a laissé à un sexe différent du sien, à l'amont duquel nous étions à la source tiède de sa nuit bienveillante, où nous ne serons jamais plus.

Nous sommes tous des égarés.

Certains en conçoivent une colère indéfectible, une rage luttant contre leur dépendance, d'autres conservent une perte incommensurable, un vide avide.

Tous, nous frayons à la source, remontant sans cesse le courant, yeux écarquillés, éperdus de votre beauté, affamés de la douceur de votre sein.

Egarés.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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Frieda 12/04/2013 11:27

Bonjour Nathanaël
Je retrouve tes écrits avec plaisir.
Je comprends mieux la position des
foetus des enfants quand ils sont endormis
Il rêve de la douceur du sein de la Mama
Bon début de WE
Frieda

Cathy 08/04/2013 13:30

"Tu peux quitter l'enfance, ton enfance ne te quitte pas"... Maxime Le Forestier.

Quelle humilité, Nathanaël, dans votre écrit !

Cathy.

Nathanaël 09/04/2013 00:33

Bonsoir Cathy , oui l'enfance est toujours là tapie en nous, avec ses formidables ressources aussi.... Merci de votre passage aux pâturages.

Cardamone 08/04/2013 11:46

Angoissant je trouve...
Moi j'ai l'impression d'avoir trouvé ma mère en le devenant moi-même... d'avoir aussi touché du corps la sensation de plénitude par la présence de cette vie naissante en moi...

Nathanaël 09/04/2013 00:31

Angoissant... Oui.
Plénitude pour la femme devenant mère , certainement .
Bonsoir Cardamone .

Hélène Carle 07/04/2013 23:12

Il y a en chacun une femme, cette femme, car en nous poussant dans le monde elle a glissé en nous une grande partie de son âme... toutes les mères le confirmeront. Peut-on être tout a fait abandonné lorsque l'on porte en soi l'âme de l'autre?

Hélène*

Nathanaël 09/04/2013 16:14

"ne peut être que vécue " tu auras rectifié...
Et...
Peut on se sentir abandonné lorsque l'on a été aimé .... ( il était tard ! )

Nathanaël 09/04/2013 00:30

Et ce qu'elle nous laisse cette femme ( souvent ) c'est l'amour, et là je te rejoins peut on s sentir abandonné lorsque l'on a et aimé, vraiment aimé ?
Merci beaucoup Helene de cette réflexion.

Nathanaël 09/04/2013 00:28

Elle a sûrement laissé beaucoup d'elle même , mais quant à l'âme ... Celle ci me semble inaliénable à qui que ce soit. L'âme , pas la pensée, l'esprit, l'affect, le désir ou des tas d'autres choses. Et abandonné parce que cette séparation de corps, ne peut très vécu comme ça à cet âge là, et s'inscrit sur nos parois rupestres ainsi.

Louv' 05/04/2013 15:22

Peu sont capables de l'admettre, et rares sont ceux qui l'expriment aussi joliment. Merci Nathanaël.

Nathanaël 09/04/2013 00:21

C'est Goethe me semble t'il qui disait : il suffit qu'on se dise libre pour sentir par tous côtés à quel point on l'est si peu, et de se dire dépendant déjà nous libère ! Non ?
Merci de ton passage toujours apprécié Louv´' .

Laurence 04/04/2013 10:57

1000 sentiments, idées, réflexions me traversent à la lecture de ton magnifique texte et je n'ai pas le temps de les développer ! Arf, j'y reviendrai !!!

Nathanaël 12/04/2013 19:29

Quel écho avec ton travail...

Nathanaël 04/04/2013 15:17

Arf. Je t'attends.

Jonas D. 03/04/2013 23:27

Rectification : "pour un instant je la retrouve"
Pardon.

Nathanaël 04/04/2013 15:12

" Je suis retrouvé " tout seul dans ma nuit noire, marche très bien aussi, et s'accorde avec " je la retrouve " .

Jonas D. 03/04/2013 23:26

Oui, mon ami, parfois, je me couche au plus mal, alors je ramène mes genoux au menton, je me couvre entièrement et je m'endors sous la nuit doublée par le drap de mon lit. Et là, pour un instant je suis retrouve. Merci pour ces mots d'une belle nécessité. Amitiés.
Jonas

Jonas D. 04/04/2013 15:57

Merci d'avoir repris mes mots. C'est adorable.
Jonas

Nathanaël 04/04/2013 15:16

Merci de cette magnifique franchise. Et au réveil :
"Alors quelquefois, il vous vient de suspendre toute respiration, de faire le noir en vous comme aux premiers instants, ombilicaux.
Là, vous sentez la main maternelle en caresse sur votre tête dessus le ventre tendu.
Il vous semble que vous allez naître encore. "
http://www.jonas-doinint.com/article-parentheses-76977589.html

Esclarmonde 03/04/2013 22:06

La séparation avec sa mère, un deuil que l'on porte jusqu'à la fin. Très beau texte et très belle image du saumon remontant la rivière à la fin. Merci à toi, belle soirée

Nathanaël 04/04/2013 15:10

Merci Esclarmonde, bonne journée.

Juliette 03/04/2013 10:13

Épatée qu'un homme le reconnaisse, encore que c'est toi Nathanaël et que depuis que je te lis je sais ta sensibilité éclairée. Mais ne sommes nous pas tous égaré(e)s ? J'aimerai avoir ton avis ?

Nathanaël 04/04/2013 15:09

Je te reconnais bien là Juliette... La perte et la fragilité de la femme, son égarement ? Comme ce texte, d'autres l'ont dit mieux que moi: le bébé phallus, j'essaierai de trouver une réponse poétique à ta question.
Merci de ta lecture et de tes commentaires Off.
Bise .

Pascale 03/04/2013 09:30

bô !

Nathanaël 04/04/2013 15:05

Bobo dirait machin...

eva 03/04/2013 08:57

alors là !.. bouche bée ! Peut-être bien que tu as mis le doigt sur l'essentiel... sur ce qui fait l'extrême fragilité des hommes...

Nathanaël 04/04/2013 15:05

Nous ne sommes que d'argile non ?
Bise Eva.