Eperdues

Publié le 10 Avril 2013

Photo : Andréa Chiru.

Photo : Andréa Chiru.

Éperdue.

La femme est de perte et de reproduction.

Si l'homme est égaré, il est inéluctablement séparé, différencié.

Elle, est éperdue.

L'enfant est ce qui " prolonge " son corps, de l'ombre de l'homme en elle, perdu.

L'enfant la comble de son manque et sa perte est reproduction ancestrale, sa perte à jamais du bébé-phallus.

Certaines femmes en conçoivent une soif inextinguible de revanche envers le mâle fautif, toujours quittée. Quittant.

D'autres comblent incessamment le manque, la lacune, de tout leur admirable dévouement.

Toutes sont en quête de l'indivisible, du définitif, de l'incessible absolu.

Éperdument, éperdues.

PH.

Réponse à Juliette, commentaire sur Égarés

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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Jonas D. 19/04/2013 14:23

L'enfant comme prolongement de la mère dans son état de femme, dans ses douleurs, dans le départ du mâle, dans son souvenir. L'idée est stable. Elle serait aussi applicable à l'homme dans sa frustration de ne pas pouvoir enfanter. Dans l'idée de ce néant-là. Mais quoi de plus égocentrique que la procréation ; n'est-ce pas se prolonger, se projeter sur plus tard, faire de son ADN mêlé comme un livre, une trace éphémère mais possible sur le lointain. Et se rencontrer encore. Je m'interroge toujours. Et oui, il n'y a pas de hasards... J'aimerais tant qu'il n'en soit pas ainsi. Le hasard reste un de mes plus beaux fantasmes. Amitiés.
Jonas

Nathanaël 20/04/2013 16:57

Le hasard, un grand fourre tout ! Du hasard, un regard et du silence, les dés de tous les possibles tourbillonnent au tapis de la vie.
Amitiés Jonas.

Frieda 15/04/2013 14:37

Bonjour Nathanaël
Chez nous quand une femme attend un BB
On prie pour que "Qu'ils" se font deux ou +++
Mais dès que la mama est "quittée" elle veut recommencer
Paradoxe que tes mots me font méditer
Frieda...
éperdue et toujours en quête de l’indivisible
Bon lundi Nathanaël

Nathanaël 20/04/2013 16:54

Sourire à ton comm' éperdue Frieda. Bon w.e.

Pascale 13/04/2013 09:41

L'homme cherche quant à lui, "au plus profond de lui-même protection auprès d'une mère, tendant dangereusement la perche à l'instinct possessif de la femme." "L'anima, en jachère sous l'imago de la mère, va être projetée par l'homme en bloc sur la femme..." Jung toujours !
Je crois que depuis Jung et ses réflexions, l'homme et la femme ont bien du mal à trouver leur place, dans ce monde de plus en plus incertain...
Merci Nathanaël !

Nathanaël 14/04/2013 07:15

De Jung bien sur. (!)

Nathanaël 14/04/2013 07:15

L'homme ... Jette un œil au texte précédant : égarés. Oui aussi à l'explication de Freud, mais identifier le problème n'est pas le créer. Hommes et femmes ont toujours eu du mal à trouver leur place, et tu as raison ça ne s'arrange pas ! Comme dans ton "métamorphosis " le chemin est ardu pour se trouver soi puis trouver le Soi ( au sens jungien ) ! Bon dimanche Pascale .

Pierre 12/04/2013 19:34

Comme Fanny parfois chez vous, je me sens sans mots Nathanaël, cependant je suis votre lecteur assidu je tenais à vous le dire et vous remercier aussi pour le champ de réflexion que vous ouvrez en moi. Sincèrement.

Nathanaël 13/04/2013 07:11

Infiniment merci Pierre.

Fanny 11/04/2013 18:11

Bonsoir Nathanaël, je vous lis toujours et je vibre souvent à vos mots, mais depuis quelques textes je ne trouve pas les miens pour commenter les vôtres. Vos textes sont d'une profondeur qui me touche sans que je ne sache...
Je suis curieuse, mais quel métier faites vous ?
Merci de cette pensée sur notre perte, notre quête .

Nathanaël 12/04/2013 08:06

Fanny bonsoir.
Vous me manquiez, vos mots sont toujours les bienvenus et non il n' y a pas d'impairs, si je n'ai pas envie de répondre je ne le fais pas...
Je suis M Ibrahim, l'épicier du quartier : je tiens une supérette alimentaire 8à8 fruits & légumes primeurs...
Merci infiniment de votre passage Fanny.

Fanny 11/04/2013 18:15

J'ai la sensation d'avoir commis une maladresse, oubliez ma question svp Nathanaël...

eva 11/04/2013 17:28

Comme toujours Nathanaël, un très beau texte, d'une grande sensibilité...

Nathanaël 13/04/2013 07:10

Merci Eva de cette lecture avisée et de ton commentaire réfléchi. J'entends bien et abonde dans ton sens, toute généralisation est faite pour être contredite. Heureusement !
Grand sourire et excellente journée .

eva 11/04/2013 23:02

rectification : "tant me tenaillait" :)

eva 11/04/2013 23:01

J'ai un peu plus de mal avec la réflexion qu'avec la poésie :)) Je ne me suis retrouvée dans aucune des femmes que tu évoques... ni dans aucune des mères... J'ai été une mère très appliquée, très aimante et très appliquée à faire pour le mieux. Il ne m'est pas apparu comme une vraie nécessité de me reproduire... Je sais que c'est curieux à entendre, mais c'est ainsi. La maternité n'est pas non plus arrivée par hasard, c'est l'homme de ma vie qui voulait ça... Donc, c'est arrivé. J'ai senti arriver tout ça avec appréhension tant me tenailler la peur de jeter des innocents dans le combat de la vie. J' ai pris ensuite un plaisir de chaque instant à m'occuper d'eux. En me remettant sans cesse en question. A aucun moment il n'y eut de "bébé-phallus", ni de "revanche" sur le mâle, ni de prolongement de moi-même (je les ai toujours considéré comme des personnes différentes de moi, dès le premier mois de gestation), pas de compensation de "l'admirable dévouement".... Tout au plus au moment de l'accouchement, une sensation de faire partie intrinsèque du grand manège tournoyant de l'humanité... (Tu vois, j'ai beaucoup plus de mal avec la réflexion qu'avec la poésie !)

Nathanaël 11/04/2013 18:08

Un peu plus dans la réflexion que dans la poésie, encore que j'y trouve une adhésion compréhensive, poétique, à la vie ... Va comprendre ! Merci Eva, je reviens vers chez toi car une idée depuis ton comm' de ce matin m'habite. ( Sur le jardin des/aux oiseaux ) .

Esclarmonde 11/04/2013 17:11

Magnifique texte Nathanaël et merci à Juliette de te l'avoir inspiré. Belle fin de journée

Nathanaël 11/04/2013 18:01

Merci Esclarmonde, oui c'est une réponse à Juliette qui interrogeait
ma réflexion " Egarés ".

Juliette 10/04/2013 15:08

Oh merci Nathanaël, de cette réponse en direct.
Nous sommes tous égarés finalement, si je comprends bien ?
Il nous manque tous un "quelque chose", que nous recherchons sans cesse ? Perte de l'enfant qu'elle a porté mais qui était aussi l'homme en elle qui c'était retiré, lui aussi. Et l'homme, l'ombre au sens Jungien, par rapport au genre sexuel/ primat du pénis au sens Freudien? Ouh la la je sens que l'on va batailler tous les deux là dessus ! (Pourquoi reproduction ?)
Quelle joie... Merci, merci.

Nathanaël 11/04/2013 17:59

@ Juliette - Je ne sais pas si nous sommes tous égarés Juliette, mais nous sommes tous cherchant... Et oui je n'ai rien inventé, l'ombre au sens Jungien , du bébé-phallus Freudien.
Quant à la reproduction au delà du sens commun, la mère reproduit la mère en enfantant, et ainsi de suite, ne pouvant se séparer psychiquement puisque sexuellement symétrique ( Laurence ! ) alors que l'homme est asymétrique (voir : http://paturages-du-ciel.overblog.com/anatomie-de-l-accent ) et puis ...

Nathanaël 11/04/2013 17:49

@ Laurence - " Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous " Eluard ? ( c'est ça Jonas ? ) C'est presque un Duo ! Si tu me le permet je joindrai ton travail en bas de page ?

Laurence 11/04/2013 16:21

Je m'excuse de m'immiscer dans votre conversation, mais le hasard m'a fait poster aujourd'hui même une image d'une interprétation (non sérieuse) de l'inconscient féminin : http://www.photofolle.net/inconscient-feminin-2/ :)

Juliette 10/04/2013 15:08

Ah oui c'est beau en plus...