Foule unique

Publié le 13 Février 2013

Foule unique

Un instant pauvre,

qui marche à contresens,

à l'envers du monde,

vers quelque ailleurs,

*

Aller au proche pays,

de la source vivifiante,

où nait la soif inassouvie,

dans le murmure du silence,

*

Et boire tous ces visages passants,

se désaltérer, inlassablement,

*

Visages d’enfants,

où rayonne la magie

*

Visages masqués,

traits figés par le convenu

*

Visages impavides,

évidés de leur existence

*

Visages lumineux,

habités, invite à entrer

*

Visages emplis de morgue,

peur qu’ils ne mordent

*

Visages qui jacassent,

profils qui piaillent

*

Visages à l’écoute,

regard d’autrui accueilli

*

Visages épanouis,

beauté sereine, ignorée

*

Visages las, usés,

à la vie éreintée

*

Visages qui murmurent,

des brisures, des fêlures

*

Visages point à la ligne,

traits en retrait

*

Visages éteints, pas obscurs,

pire, perdus loin d’eux même

*

Visages qui s’ouvrent

chaleur instantanée, sourire

*

Visages plats, sans reliefs,

ni perspectives

*

Visages apaisés,

la douleur est passée

*

Visages coupés de lames,

de couteaux, émotions étriquées

*

Visages lunaires,

réfugiés à l’imaginaire

*

Visages qui vous contractent,

au premier contact

*

Visages douloureux,

accessibles, suscitent la compassion

*

Visages qui vous sollicitent,

d’une rencontre espérée

*

Visages balsamiques,

regard caressant

*

Foule de visages, allants,

à l'unicité renouvelée,

tant d'humanité dépareillée,

m'enivre de joie,

m'émeut aux larmes.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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L
Comme je sirote mon verre ta foule me donne le tournis et c'est encore plus beau, m'emporte dans la foule ! Je l'aime beaucoup ...
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J
Comme Eva, je suis touchée par ce regard et par celui qui le porte... Profondément touchée.
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J
On est tous fait, disait Brassens, d'un morceau des uns, d'un bout des autres... Tes visages me font penser qu'on ne peut vivre que d'une manière : ensemble. Merci Nathanaël pour cette leçon d'humanité vers laquelle je penche d'une manière assez prononcée malgré le chaos qui nous cerne. Le verre reste à moitié plein. Amitiés.
Jonas
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N
Et je conserve quelques bouteilles pour le maintenir ainsi !
Amitiés Jonas...
L
Traveling sur la foule, puis zoom arrière vers le visage de l'observateur observé. Nous formons un tout.
J'aime beaucoup, Nathanaël.
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N
Je ne suis pas étonné que nous nous retrouvions là, Louv'.
C
Et ton poème et sa foule de visages moi-aussi m'enivre de joie et m'émeut. Merci pour cette source vivifiante Nathanaël.
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N
Cardamone, je te sais sensible aussi.
Tes visites sont une joie.
E
Plus que l'inventaire de tous ces visages, c'est l'âme de celui qui les énumère qui me touche... La première partie de ce poème en dit tellement sur l'auteur que je suis tentée de croire que la deuxième partie n'a été écrite que pour détourner l'attention de celui qui lit... (comme si... comme si l'auteur regrettait un peu de se livrer autant et aussi bellement...)
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N
Eva...
N
Que de visages Nathanaël ! La foule unique, c'est bien vu.
Tu es du genre à remarquer sur un visage ce que d'autres ne voient pas forcément, et c'est un beau don.
Bises, bon week-end !
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N
Foule unique, nous le sommes tous. Non ?
Bises Naïs.
F
J'aime quand tu rencontres...
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N
J'aime... Oui.
E
Comme cet éléphant, j'observe aussi les gens, surtout ceux dont le regard ou le comportement exprime de la folie douce, ainsi je me sens moins seule. Passe un bon week-end
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N
Ainsi tu prends ta part de douce folie, je le savais ! Soyons plus nombreux, toujours plus nombreux, et le monde ira mieux, ira mieux...
Merci Esclarmonde, reine de la mer des Sargasses.
C
Deuxième édition. Je disais que je voyais bien, en lisant ce poème, l'humanité avancer au pas de l'éléphant. Une inexorable avancée. Vers où ?
Sur le visage de l'autre se lisent ses épreuves... oui, c'est un peu notre visage. Si nous avions eu à vivre ce qu'il a vécu comment le porterions-nous ?
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J
Abîme d'aujourd'hui, Cime d'hier, cimetière.
L'éléphant sait et quand la fin de son voyage approche, il va là où il doit aller dans cet immense cimetière des éléphants. Lui il sait. Et combien d'hommes font semblant de ne pas savoir et brûle leur vie par les deux bouts. Savoir et accepter avec la placidité de l'éléphant est une chance quand on sait, la vie a tellement plus de saveur, savoir mais ne pas savoir quand ni où fait de chaque jour un mystère et l'éléphant heureux dans ses petits yeux voit tout cela, Je crois vraiment que l'éléphant est un animal heureux.
Nathananël, Carmen, Hélène dites-moi, dites-moi la vérité.
C
Oui et non. Avoir l'intime conviction que les pas se déroulent sur la bonne voie. L'animal a cet instinct... l'homme est souvent dans le doute.
N
Faut il savoir où aller pour avancer ?
Merci Carmen, bonne journée.
H
Un monde rempli de crevasses émouvantes, de puits sans fond, un monde rempli de monde, multitude-une devant laquelle je me prosterne tant la grandeur de l'Oeuvre me dépasse.

Hélène*
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N
Nous sommes deux à nous prosterner alors Hélène.
Recueillis, recueillants.
F
Bonjour Nathanaël,
Merveilleuse humanité dépareillée
c'est ce qui fait son charme cette diversité
que l'on retrouve sur tes "VISAGES"
Merci et bonne journée
Frieda
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N
Merveilleuse aussi oui.
Alikoum Salam Frieda.
J
Cet oeil a tout vu, je l'appelle Dual il est toi puis il est moi, il est celui qui voit.
Et moi dans cet oeil, je vois un reflet, le reflet de la pierre de lune, petit reflet de lumière qui rend la photo si belle!
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N
Ravi de le partager Jamadrou.