Je l'ai fait...

Publié le 7 Mai 2013

Je l'ai fait...

Mon ombre est un clou planté dans le soleil.

J'ai peur d'ouvrir les yeux, me découvrir ainsi.

Je l'ai fait.

*

Sur ma langue, git un grand poème belliqueux, un poème décimé.

J'ai peur d'ouvrir la bouche, que la guerre en sorte.

Je l'ai fait.

*

Lacérant de ses mots le draps de noces des jours offerts.

C'est de nuit qu'elle m'a inhumé à la vie. Le sein tête l'enfant. M'ensevelissant à elle tandis que je désirais naître.

*

Dans le ventre de la terre nuit immense dans le ventre des femmes nuit profonde dans le ventre de l'amour nuit de vase dans le ventre de ma tête nuit nuit et nuit dans le ventre du ventre nuit reptilienne tellurisme de chair dans le ventre du nom de mon père nuit absolue dans le ventre de ma mère nuit vorace et famélique père et mère dans la tombe de mon corps à quoi bon des noms sans corps

*

Il faut se taire d'urgence. Que passe la nuit irrévocable. Lambeaux.

Respirer : la plus pure des prières.

Ramasser à mains nues le silence des mots et les tisser de fils d'or fin.

Je l'ai fait.

*

Le colibri luit.

--------- ailes invisibles.

------------------- butiné de lumière.

--------- coeur de fleur.

*

J'ai pénétré à la vie en intrus, et m'y voilà advenu.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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Pascale 21/05/2013 10:04

Le cri de la naissance... Enfin !

Nathanaël 22/05/2013 10:42

Naitre un peu chaque jour.
Bonjour Pascale.

Juliette 17/05/2013 12:46

Quel parcours Nathanaël, quelle force dans ces mots, je sens chez toi un tellurisme incoercible.
L'expression de cette force est certainement à la mesure du chemin parcouru. Pachydermique au début du texte et libellulesque à son terme. Non ? Merci de ce partage sincère.
Juliette.

Nathanaël 22/05/2013 10:41

Pachyderme et libellule je le revendique. Oui Juliette. Par ici et par là sur le chemin.
Bonne journée.

Frieda 13/05/2013 15:12

Bonjour Nathanaêl
Je te souhaite un bon début de semaine
Frieda

Nathanaël 22/05/2013 10:40

Bonjour Frieda, merci.

Cardamone 12/05/2013 21:59

J'aime cette énergie, ce rythme qui embarque dans les profondeurs.Très fort!

Fidji 10/05/2013 10:21

Tu l'as fait donc....Champagne !!!

Nathanaël 10/05/2013 16:12

Hip's !

eva 10/05/2013 08:52

je n'aurais pas illustré ces mots-là avec une image de torero... J'aurais choisi "le cri" de Munch.
Amitiés.

Nathanaël 10/05/2013 19:09

Il y a du tango dans la corrida. Et de cela aussi : http://paturages-du-ciel.overblog.com/toreons-d-or dans un registre quelque peu différent cependant.
Bonsoir Eva.

eva 10/05/2013 18:26

Oui, c'est vrai... "Je l'ai fait" est une composante trop importante et qui ne serait pas mise en valeur... C'est que vois-tu, la corrida est tellement autrement pleine de sens par ailleurs (pour moi), que je ne la perçois pas comme quelque chose de douloureux... Merci de cet échange Nathanaël...

Nathanaël 10/05/2013 16:12

trop soumis " le cri "- trop souffrant !

Laurence 08/05/2013 18:14

Chhhut, j'écoute le bruit du sang dans mes veines ...

Nathanaël 09/05/2013 23:05

Doucement...Silencieusement, oui entendre la vie qui pulse. Beau commentaire
Merci Laurence

jamadrou 07/05/2013 20:41

Elle m'a dit:
"naître, je l'ai fait
être, m'y voilà,
demain, je serai Moi."

Nathanaël 09/05/2013 23:03

Bonsoir Jamadrou, merci de cette lecture personnelle.

Hélène Carle 07/05/2013 15:44

Quelle belle écriture, hiéroglyphe de l'être d'air imprimant avec son corps la matière.
Cri de l'âme prenant conscience qu'elle n'aura pas d'ailes. Cri mais aussi espérance en elle.

Hélène*
Merci.

Nathanaël 09/05/2013 23:03

Oui un cri, c'est vrai. De celui qui remonte à la surface reprendre de l'air. Âme inaliénable.
L’écriture en témoignage. Merci de ta belle lecture. Bonsoir Hélène.

Jonas D. 07/05/2013 10:05

C'est très violent et pourtant il sort de cette mise à jour plurielle vers l'obscurité une tentation à vouloir vivre à tout prix dans le seul salut que nous ayons pour l'heure : le mouvement de nos corps. Dont acte. Amitiés.
Jonas

Nathanaël 09/05/2013 23:00

Bien dit, et plus qu'une tentation, une volonté incoercible mon ami Jonas. Une émancipation nécessaire, sujet que nous avons déjà abordé tous deux. Désencombrer la source, patient labeur.
Amitiés Jonas.