Je suis tari

Publié le 19 Août 2013

Je suis tari

.Je suis tari,

tous les mots fanés,

dans ma gorge bloquée,

mon encre croupie.

.Je suis tari,

sans plus envie,

la page asséchée,

la source assoiffée.

.Je suis tari,

une sourde colère,

en moi agit,

me contraint, m'enserre.

.Je suis tari,

fond ma pensée impotente,

sèchent les heures lentes,

je suis des-assagi.

*

Quelque chose qui ignore le langage, qui n'est ni beau, ni bon, qui attaque pour attaquer, qui terrifie le langage, qui passionne les jours, qui assassine les nuits, qui tourmente, qui nait et n'est pas dans ce qui est.

*

Une brulure de braises, un feu ordalique, originel, archaïque, consume ma bonté. Les mots sont tessons de métal, déchirent les mots, rouille d'os, limailles acérées, entaillent les entrailles du langage.

*

La pénombre s'est interposée à la lumière diamantaire, un voile sombre d'aveuglement, de confusion, j'ai perdu le vrai et le bien. Enfant de la colère. Enfant enfin.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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Frieda 02/10/2013 13:51

Bonjour Nathanaël
Le mystère...Que dis-je la "douleur" de l'absence des mots
Pourtant on a tant à dire...Partager
Bisous et douce journée
Frieda

Nathanaël 03/10/2013 18:32

Merci de ta fidélité Frieda, ta présence est un plaisir. Quant aux mots de toutes façon ils font leur vie !

Joëlle Colomar 01/10/2013 08:53

Faut-il ce trop pour parvenir à une certaine paix ? Faut-il que colère et abus passent pour arriver à grandir, à être ? Amitiés. Joëlle
PS: merci pour votre passage sur mon blog

Nathanaël 03/10/2013 18:31

Dans mon cas et en ce moment surement faut il épuiser cela pour arriver ici, je n'ai guère le choix, les mots se tarissent et c'est ainsi. A bientôt Joëlle.

Erin 29/09/2013 19:48

J'avais perdu le chemin de ton blog qui me plaisait tant et que j'avais découvert peu avant de quitter over-blog !
La colère est une émotion d'enfance, à reconnaître, à accepter... pour grandir encore.
Je reviendrai !
Carmen (Erin sur APLN blog)

Nathanaël 03/10/2013 18:29

"Pour grandir encore" nous sommes d'accord; voilà qui fait partie de ce chemin caillouteux qu'il faut emprunter pour arriver aux verts pâturages. Content que tu ais retrouvé celui de ceux ci Carmen/Erin.

jamadrou 27/08/2013 11:30

Nathanaël, te souviens-tu des résurgences?

jamadrou 17/09/2013 17:40

La belle architecture est l'Art suprême
on parle de l'architectonique des systèmes philosophiques, d'une oeuvre dense
alors tes mots Nathanaël ne peuvent pas être enfouis sous la lave, ils sont les soubassement, les fondations d'une oeuvre beaucoup plus grande et c'est cette grandeur qui m'a touchée.
J'aimerais tant voir, lire le Toit de l'édifice!

Nathanaël 16/09/2013 18:06

Oui Jamadrou je m'en souviens et suis retourné lire ces mots qui vous ont touché.
Merci à toutes les deux, cette architectonique des plaques a enfoui mes mots dans la lave de mes tourments, c'est ainsi... Ça passera bien à un moment ou à un autre. Merci.

ev 14/09/2013 11:31

mais oui Nathanaël, les sources ne tarissent jamais, comme le dit si bien Jamadrou, elles font résurgence tôt ou tard... Je crois bien que nous attendons tous cette renaissance de la source...
http://jamadrou.e-monsite.com/pages/extraits-d-une-boite/resurgences.html
et tes mots qui l'ont touchée sont à ce lien, et t'attendent...

Laurence 26/08/2013 17:20

Bonjour Nathanaël,

Seule la vraie colère peut enfanter de tels mots. Je me suis souvent posée la question de la souffrance au moment d'écrire. Je crois que tu m'apportes une petite partie de la réponse. Merci de tout coeur pour ce magnifique texte. Merci, merci, merci !!!!

Nathanaël 16/09/2013 18:03

Bise Laurence, je suis peu présent en ce moment, à commencer à moi même !
Comme le dis Jamadrou plus bas , j'attends la résurgence...

Pascale 26/08/2013 17:15

Tu es tari ?
Tu m’en vois marri(e)
Toi tari ?
Tu m'envoies tes ri(m)es
Putain comme tu envoies là !
T'as ri ?
Bonsoir Petit Prince !

Louv' 24/08/2013 23:42

J'ai longtemps hésité avant de commenter. Sans doute n'ai-je toujours pas vidé ma colère. Tu as écrit pour moi les mots que je cherchais. Merci Nathanaël.

Nathanaël 25/08/2013 07:38

Touché Louv'.
Le " merci " - dont nous parlions dans ton dernier texte - est certainement le remède à la colère, mais, il me parait parfois inatteignable.
Bonjour Louv'.

Jonas D 24/08/2013 16:02

Tari, toi ? Jamais. Le volcan d'émotions qui t'habite te rappellera sans cesse qui tu es un homme qui écrit pour tenter comme nous tous de décrire cette lave incandescente qui nous traverse. Dors au bord du cratère mon ami, il y fait chaud, comme au centre de ce premier logis, ce ventre nourricier.
Jonas

Nathanaël 25/08/2013 07:34

Christian Bobin dit que " nous écrivons pour lutter contre l’empêchement d'écrire " ... J'adore cette pensée, ce fait, cette réalité que l'on peut décliner à quelques autres égards.
Il a dit également que " la vérité brule " ton analogie avec le volcan me fait alors sourire parce-que que je brule effectivement !
Ami Jonas bonjour.

eva 24/08/2013 09:47

au moins, tu as les mots de la colère... Ils prouvent que tu es vivant...
Un jour passé, mes mots se sont raréfiés, il n'en restait plus que deux ou trois, ou peut-être quatre, et puis, ceux-là ont disparu aussi, depuis, plus rien, rien... (mon grand âge sans doute). Quand on a épuisé les mots de la colère et ceux de l'amour, quand on a vidé toute son âme de ses illusions et tout son coeur de ses colères, on ressent une grande fatigue, on aspire à un silence blanc, plus blanc que la page qui attend... Alors, savoure-bien le temps de la colère !... Moi aussi je t'embrasse.

eva 23/08/2013 22:40

ne t'inquiète pas mon ami Nathanaël... apaise-toi !...
http://eva.baila.over-blog.com/article-21769895.html

Nathanaël 24/08/2013 08:52

En ce moment je suis décentré, à coté de moi même, Et tu as raison je ne m'inquiète pas, c'est un passage... Je me des-assagi ! Enfin... J'm'comprends !
Bise Eva merci de ta venue au pâturages.

Cardamone 19/08/2013 18:13

Sécheresse ou crue j'hésite à te lire tant tes mots sont toujours intenses, forts comme la cascade. Energie de la colère, celle de l'enfant, même la plus incontrôlable, peut tout soudain se métamorphoser en quelque chose d'infiniment doux non?

Nathanaël 20/08/2013 07:17

Je le crois. Je pense même qu'il faut vider sa colère d'enfance ou du moins l'apprivoiser, pour se déprendre de soi même et atteindre un tant soi peu à la douceur ample, vaste, entière, l'accueil de l'autre et de soi même. Ouh la j'attaque fort de bon matin !!! Allez une gorgée de café et j'y vais. Bise Cardamone merci infiniment de ta lecture et bonne journée.