La place de Jonas...

Publié le 20 Décembre 2012

Une spéciale dédicace,

A mon ami Jonas,

Qui a l'audace,

De sortir de l'impasse,

De cette curiosité,

Donnée comme un défaut crasse

Alors qu'en l'humanité,

Elle est aussi la trace

D'un véritable intérêt.

Alors sortie de ma calebasse,

Voici mon Africaine carcasse.

PH.

Réponse à Jonas : " il y a toujours une histoire... " suivre le commentaire : ICI ( ! )

Mon lien à l'Afrique palpite dans mon sang tam-tam et sous mon pied nu c'est la terre de la savane qui affleure.

De Jean-François et Simone, jeunes aventuriers au fin fond du Gabon, je suis issu, il y a 47 ans. Conçu dans la touffeur tropicale à Port-Gentil, petit village où deux ou trois centaines de blancs expatriés vivaient, dont ma grand-mère maternelle, Italienne qui y avait fuit son mari et avait ouvert un fameux restaurant " Le Provençal " .

Né à Nice de cette mère là, berceau familial de son coté, et pas à coté de mon grand-père François Maïstre, je retournais au Cameroun, à Garoua, dès l'âge de trois mois, où m'attendaient les fennecs au fond du jardin, c'est à dire à l'orée de la brousse.

Le père Noël, premier souvenir de mes trois ans, venait à dos de chameau , le sapin était une branche d'épicéa épineux et quelques boules de coton hydrophile symbolisaient la neige que je n'ai rencontrée qu'à seize ou dix sept ans.

Au bord des routes, les grosses pierres alignées, et le bas du tronc des flamboyants, étaient peints de blanc. La nuit , allumés du pinceau des phares de la 404 Peugeot de mon papa, ils me regardaient effarés.

Mes amis furent les arbres, la brousse, le danger insoupçonné, et mes camarades de classe où j'étais parfois le seul blanc.

Sous le boukarou, couvert de charganiers, je faisais la sieste Africaine de chaleur écrasé, et sous la moustiquaire le soir je m'endormais au vrombissement du ventilateur grinçant, lancinant sa ritournelle endiablée, tandis que les hyènes ricanaient au bout de la nuit.

Le dimanche parfois, à cinq ou six ans, toujours debout, jamais assis, dans la land-rover cahotante, j'accompagnais mon papa, chasser l'éléphant, qui sur les bords de la Bénoué ravageait les plantations.

Garoua, N'gaoundéré, Douala au Cameroun, puis N'djaména au Tchad, la guerre rebelle, les rapatriements, leur divorce, enfin Port-Gentil de nouveau, puis Libreville pour Le Baccalauréat, en passant par la Mauritanie: Nouakchott et Nouadhibou, le sable partout. La cote d'Ivoire, Abidjan, le Sénégal... Quinze déménagements en dix-huit ans, et toujours la chaleur poussiéreuse de ce continent environne mes souvenirs brinquebalés dans le tiroir tribal de mon âme latéritique.

La lecture, aussi mon ami Jonas, découverte vers onze ou douze ans, avec Robinson Crusoe, sur la natte de paille, sous le kapokier, au coté de Jean T'chibanga le scarifié. Une nuit blanche-pages, une nuit de Robinson sur l'île de mon livre, une lecture îlienne toujours à portée de pirogue.

Merci Jonas de ton amical intérêt, tu trouveras dans la catégorie "Afrique", quelques écrits que j'exhume de temps en temps de ma mémoire tropicale.

A vous autres aussi, merci de votre lecture, merci simplement d'être passés par ici.

Nathanaël.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #Afrique

Commenter cet article
P
Je m'en veux presque de n'être pas passée plus tôt dans ces pâturages-là...
Il y a tant de contrées à visiter ici, là, partout, là...
Quel voyage, quelle découverte !
A rebours, merci pachyderme ailé !
Répondre
F
Nathanaël,
Bonjour de Garoua ou nous sommes en vacances pour quelques jours
Belles vacances à toi et à ta famille
Frieda
Répondre
N
Comme c'est gentil Frieda, de penser à moi, étant à Garoua !
Bonjour à la Bénoué de ma part... Il y a là-bas, quelque part j'en suis sûr, la trace de mes pas d'enfant de trois ans, dans la glaise, pétrifiés !
Bonnes vacances.
F
Bonjour Nathanaël,
je viens de passer quelques jours dans la savane
Traversant Ngaoundéré pour Garoua
Je repensais avec émotion à cette page pleine de sensations
Merci et doux réveil
Frieda
Répondre
F
Nathanaël,
Les hippos aperçus en allant vers Lagdo
Si un jour tu te décides...Tu me tiens au courant
Bon samedi
Frieda
N
Comme je t'envie ...J'irai bien passer quelques jours au campement de waza , me baigner dans la bénoué, saluer les hippo... merci de cette pensée Frieda.
F
Nathanaël,
Je te remercie pour ce précieux lien.
J'aime cette page qui me parle des lieux connus et où j'ai vécu pendant quelques mois.
J'aime ton regard et ta perception sensible de la vie Africaine en vrai.
J'apprends ici comment on appelle ces nattes que je vois souvent en clôture.
La première fois que j'ai vu un éléphant c'était abattu par les villageois, ils étaient
venus dévaster les plantations et piétiner des paysans.
Ils étaient obligés d'en abattre un seul pour valeur de dissuasion pour les autres.
C'était avant que les braconniers n'envahissent la savane.
Je vais rester un peu profiter de ta mémoire tropicale
Bonne soirée
Frieda
Répondre
N
Merci Frieda, de cette appréciation. Je vais te "pister" pas à pas dans ma mémoire tropicale, je vois que tu y a laissé tes traces.
L
j'adore simplement ! c'est magnifique... on y est, merci.
Répondre
J
Je me rallie aux commentaires et suis sous le charme de ce peu de lignes finalement ( je viens de les relire) , mais dont l'arôme est prégnant. Votre manière d'écrire Nathanaël, allume des images en nous, un talent de conteur dit Jonas et je suis bien d'accord avec lui. J'ai consulté internet et découvert Boukarou mais pas charganier ?
Ame latéritique et tiroir tribal , j'aime, merci merci.
Répondre
N
Bonsoir Juliette, merci de votre venue.
Les charganiers sont tissés de longues herbes coupées dans la brousse puis grossièrement tressées en nattes à mettre au sol ou en paille de toit en paille de clôture agrémentées d'épineux pour éloigner quelques animaux...
J
Me voici noyé dans la jubilation de te lire. Aurais-je pu deviner qu'une simple question née d'une curiosité de vieille femme puisse avoir pareil écho ? Que dire, Nathanaël, sinon merci de ce cadeau à la valeur inestimable. Parler de soi, de sa vie, n'est jamais tâche aisée. Tu nous donnes là un raccourci de ton existence qui me scotche par sa générosité et son sens du réel. Tu as un talent de conteur. Et tes lecteurs ne s'y sont pas trompés car ils étaient tous au rendez-vous. Tu viens de nous entraîner loin, très loin, j'ai eu chaud, je suis en nage, je suis bien. Merci aussi pour cette tête blonde qui a dû faire fondre bien des girafes. Emmène-nous encore, nous sommes en suspension. Merci à toi, encore. Amitiés.
Jonas.
PS. Connais-tu le site (très féminin) de Frieda du Cameroun ( http://fryou-maison.eklablog.com/ ), croisée un jour à l'Orée des Peut-être ?
Répondre
N
Ce texte a coulé tout seul sans une rature, il attendait ta question ?!
Merci de ton passage aux pâturages sahéliens, entre zébus, gnous et éléphants...
Amitiés.
E
Merci beaucoup pour cette tranche de vie africaine, très émouvant, et que la France doit être froide dans tous les sens du terme à côté de ce continent que je ne connais pas du tout. Ma tante a aussi vécu dans plusieurs pays d'Afrique de nombreuses années et en parlais très souvent, un souvenir envoûtant... Par avance, passe un très bon Noël,
Répondre
N
Tu étais ici, j'étais chez toi , je te l'ai dit là-bas sous tes jolies photo, sous la roue du temps... Tiens il faudrait lui mettre un permis à point au temps et des radars à lui aussi, pour le calmer un peu !
Merci de ton passage Esclarmonde.
N
Bonsoir Nathanaël !
Ce texte m'a enchanté, j'y ai découvert tant de choses... Cette enfance africaine a marqué, c'est évident, des moments essentiels de ta vie. Tu as tant de souvenirs !
J'imagine cette vie passionnante, et suis ravie que tu en aies partagé ce morceau ici :)
Bises, belle soirée et bonnes fêtes de fin d'année !
Répondre
N
Tant de souvenirs Africains c'est vrai, et toi aussi j'en suis persuadé car tu les crées tes souvenirs avec ta si féconde imagination. Aller tiens je saute chez toi... A toute !
A
Merci de nous avoir fait partager cette chronique sur votre enfance passée en Afrique, ces souvenirs plein d'évasion, emplis d'un autre quotidien et d'une vie sur un autre continent...
Répondre
N
Nous qui écrivons et lisons avons tant de continents ... Bonsoir Anna.
S
Mais comment faites-vous désormais pour vivre ici ? trousse (à crayons) obligatoire, sans doute.
Répondre
N
Ooh Sagine, quel plaisir ! Bienvenue... Oui l'enfant "quand je serai petit " à son imaginaire dans sa trousse et tous ses crayons bien dérangés comme il ne faut pas !
Merci de votre visite, à bientôt.
L
Même si je suis absolument contre la chasse aux éléphants, j'imagine aisément cette enfance magique au pays des grands espaces et de l'origine de l'humain.
Très beau, Nathanaël !
Répondre
E
Ah ah ah ! Toujours vivants nous sommes le lendemain ! attendons la suite !... Embrassons-nous sous le gui (bientôt) :))
N
Ces éléphants là, il y a 40 ans mettaient en danger les villages et les plantations.
Belle journée Louv´ merci de vos passages répétés aux pâturages .
E
Le cadeau de Noël à Jonas... à nous tous qui venons vous lire... le résumé de vos racines tropicales, et le regard triste et absent de ce petit garçon resté là-bas, avec les fennecs et les éléphants... Quel beau cadeau de Noël... C'est une vraie générosité de livrer autant de soi-même aux autres, de se découvrir ainsi sans défense... Merci Nathanaël, merci...
Répondre
E
Ah ah ah ! Toujours vivants nous sommes le lendemain ! attendons la suite !... Embrassons-nous sous le gui (bientôt) :))
N
Encore vivant ce soir, vive le nouveau monde !!! je vous embrasse donc gaiement !
N
Un pachyderme sans défense et aux ailes de libellule naissantes, vous avez raison Eva , quel drôle d'animal ! Sourire en ce matin de fin du monde , souhaitant que le suivant soit encore mieux !!!
F
Voici qui nous en dit un peu plus et éclaire ce chapitre Afrique, " l'Orage Africain" est le premier texte qui me vient et... ah oui et celui du sorcier ! Nathanaël par contre c'est pas trop de là bas !
bonne journée .
Répondre
N
Un autre point commun Cardamone, je m'en réjouis !
C
Oh oui!! moi aussi j'adorais tellement à 20 ans le rythme l'envoûtante énergie de cette écriture!
N
Bonsoir Fanny, c'est toujours avec plaisir que je vous lis me lire si bien ! merci.
Nathanaël ce sont mes 20 ans et " les nourritures terrestres de Gide", une énergie de vie !
F
Aah oui et quelle belle photo de vous , déjà poète ?