Les mots silencieux.

Publié le 22 Février 2013

Photo : Gilles Rémus

Photo : Gilles Rémus

Des mots qui partent puis reviennent, valsent, s'embrassent et s'embrasent, finalement s'éteignent en silence partagé. Doux brasier au coeur de la noire nuit.

Des anges, une libellule, un pachyderme, des ailes palpitantes, des plumes, des séquelles, les années passent, qu'il est loin l'âge tendre, nul ne peut nous entendre.

D'un hier enluminé du souvenir de nos jeunes années, s'évanouit entre les charmes, s'en va dans un soupir de résille abandonnée, de tulle emporté dans le vent des lilas.

Je connais le mouvement des hanches de tes mots, ton parfum et ton rire qui riment en poésie, au baiser de ta bouche une ronde de saveurs. La main qui couche tes mots, me couche à nouveau.

J'aurais gouté ton ambroisie, d'un silence consacré, puis fuir, reprendre les plumes et en faire un refuge, à l'idylle désertée, au toucher orphelin de toi, de ta peau, au silence miraculeux, au partage secret.

Des mots qui partent puis reviennent, un tango de mille mots, et le silence en refrain, en mille faims. Le jardin du silence de nos amours anciennes, les mots superflus.

Peut-être ne fera t-on jamais ce pas de deux, de trois et de tant de...Un caprice hasardeux, l'Orphée solitaire, Eurydice... Il vaudrait mieux que l'on s'égare, entre deux souvenirs, incertains, comme on rêve d'un instant d'autant plus vrai qu'il brule, un instant qu'on a pas et pourtant c'est le seul.

Aimer d'un amour de pure perte.

A jamais.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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M
Aimer d'un amour de pure perte... C'est triste. L'amour est partout pour qui veut l'entendre et pour qui veut le semer. Vous traitez des femmes de carnassières sans les connaître. Il y en a mais des hommes aussi, qu'ils soient croyants ou non. Vos textes sont souvent beaux, très bien écrits, très enrichis en vocabulaire, poétiques. Je les fuis pourtant pour leur nostalgie trop présente.
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L
... Aimer en pure perte, ça me décoiffe ! Et puis quoi encore...
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L
Je veux qu'on m'aimmmeee moâ...
N
Et bien voilà qui suscite le débat !
Lau: "aimer" c'est forcément en pure perte ou alors c'est autre chose. Bon c'est souvent autre chose, d'accord. Et puis c'est bien aussi... Bise.
L
Tu rigoles, on voit bien que tu sais pas ce que coute une mise en plis !
Fidji : Nous sommes d'accord, "aimer en retour", ça va j'ai assez donné !
N
ah ah ah ...
F
Oh Lau j'adore votre commentaire, demeurez décoiffée surtout!
J
Nathanaël, toujours cette prose qui allie force et délicatesse. Recueillement et poésie.
Je sens un cheminement de vie. Je me retrouve ici.
Merci de ce partage avec nous.
Juliette.
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N
Vous êtes ici chez vous Juliette.
L
Tout est dit ; je ne peux qu'ajouter mon admiration pour ta prose. Ah, j'oubliais : le silence n'est jamais silencieux...
A bientôt, Nathanaël.
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N
Le silence, il est même souvent moins silencieux que la parole... Merci " Louv´ la noire mais que la carapace " .
J
Encore l'acte manqué sera notre pain. Que reste-t-il alors, dans le méandre des émotions, qu'un tracé nouveau à rêver comme un lit tortueux de boue sur l'Amazone. L'Eldorado mon cher Nathanaël, l'Eldorado... Ton texte est magnifique, encore une fois. Amitiés.
Jonas
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N
Se promener en eldorado, y rêver une Amazone... Y rêver, rêver oui Jonas D'eldorado et l'on ne rêve jamais en pure perte !
Merci pour magnifique, venant de toi .
Amicalement .
F
Je t'ai pourtant cru refuser ce silence...Dieu qu'il faut parfois me parler fort pour que je comprenne, et pourtant comme mon oreille t'es ouverte: en fait peut-être n'as-tu pas dit vraiment cela...
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N
Tu as fort bien entendu.
Mais ce n'est pas ce qui s'est écrit ! ce qui est advenu...
Ce que nous demandons à l'amour, c'est peut-être avant tout de nous réconcilier avec nous même.
Je t'embrasse fort Ma Fidji.
C
Dans l'art d'écouter le silence et de vibrer à ses mots je me sens moins seule...

Merci, Nathanaël, pour cette "silencieuse déclaration" que les ondes vous reliant à celle à qui elle est destinée ne manqueront pas de transmettre...

Douce fin de journée,
Cathy.
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N
Merci de cette vibration Cathy ... Et oui elle vogue sur les ondes ! Bien vu . Douce nuit, de beaux rêves.
L
Nathanaël, les mots ne sont jamais silencieux ! Il n'y a que le silence, parfois, pas toujours, qui l'est ... Ici, il n'y a aucun silence ! Le badaboum de ton coeur est assourdissant ...
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N
Si tu entends mon cœur " badaboumer " c'est qu'il est en résonance avec le tien, ça me plait. Baci Laurence .
N
Bonjour Nathanael,
Ce texte est mystérieux pour moi... Cet amour si déchirant, presque rêvé, durera-t-il vraiment à jamais ? Je l'espère.
Bises, belle journée !
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N
On ne saisit pas tout, mais je suis touchée quand même et c'est essentiel !
Mais de rien :)
Passe une belle semaine, bises
N
C'est normal qu'il soit mystérieux, je n'écris jamais bien loin de moi et si parfois cela vous rejoins, parfois pas...
Merci beaucoup de ta lecture Naïs'.
Nathanaël.
F
Bonjour Nathanaël,
Comme on le dit en souriant et ...en pariodiant les politiques
"Quand Yaoundé respire le Cameroun vit"
Je viendrais me poser sur ces mots plus tard
Bon dimanche
Frieda
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N
Voilà une bonne nouvelle ... Bon dimanche soir !
E
l'amour est toujours en pure perte sans penser à soi-même... Merci Nathanaël, bon dimanche
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N
C'est ma mer des Sargasses, je m'y perds !
Bonne soirée Esclarmonde. Merci de ta venue.
E
Ce qu'il y a de réconfortant avec les mots, c'est qu'ils sont toujours là... Les années passent, les amours passent, et les mots sont toujours là... Comme des amis, comme des petits coeurs battants, comme des empreintes, comme des parfums qui flottent... Oui, les mots sont là, qui tissent "l'instant que l'on n'a pas eu" ou que l'on n'a plus, l'instant, le seul... et comme dit eva "ce que tu m'as donné, jamais ne me sera repris..." Il nous reste les mots...
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N
On ne se fait que dans la souffrance . Puis on la dépasse .
Fraternellement, Eva.
E
c'est que vois-tu, Nathanaël, on a tous un peu tendance à souffrir "d'abandonnite"... J'ai pris le parti de lutter contre ça dès le début, et de voir toujours le côté ensoleillé des choses : toujours garder d'une histoire (même si elle est longue et définitive) la plus belle face, le meilleur... "la substantifique moelle"... autrement dit : ce qui a nourri mon bonheur de l'instant, ce qui l'a fait grandir, ce qui m'a fait devenir ce que je suis au seuil de la vieillesse... Ce sont ceux qui m'ont aimée qui m'ont faite, même si ce fut dans la souffrance... Oui, transcender la souffrance du coeur... Je t'embrasse fraternellement
N
Oui "ce que tu m'as donné, jamais ne me sera repris", et si tu as été vraiment aimée, jamais, jamais tu ne seras plus abandonnée, jamais.
Regard dans les yeux Eva.
C
Aimer d'un amour de pure perte... aimer la vie et cet autre que l'on croise dans l'absolu d'un regard, qui disparait à l'instant même, ne reste que ce rien ; la caresse d'une illusion et des mots gravés dans le coeur qu'on note aussitôt dans le creux de la main comme on ferait un noeud dans un mouchoir. L'amour que l'on porte en soi est un oiseau qui jamais ne peut se poser.
Amitiés.
Carmen
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N
Il ne peut pas se poser en soi, mais en l'autre, en les autres. S’évader de la cage du moi, et voleter de ci de là. Il est libre l'amour. "Absolu" vous l'avez dit Carmen.
Merci de votre "voletage" aux Pâturages.
J
S'éteignent et j'avais lu s'étreignent. L'âge tendre n'est pas loin, la première enfance a laissé son empreinte, elle accompagne et guide l'ombre en ronde de douceur.
Entre deux âges entre deux eaux entre source et embouchure la bouche a fait sa ronde de saveurs. Elle a bu, elle a goûté l'ambroisie mais aussi l'absinthe, a croqué la garance et le thym, l'ache et le serpolet. Des mots, un petit bout de sens toujours de l'innocence, beaucoup de friandises, être friand disent les poètes, de bises et de bêtises c'est faire des mots sa poésie de vie.
"Aimer d'un amour de pure perte", j'aime cette expression qui fait du verbe aimer un don sans espoir de retour. L'amour d'aimer toutes choses c'est cela le bonheur, je le vois là dans le pré dans le pâturage, cours-y vite, cours-y vite il va filer...
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N
Qu'il file Jamadrou, puisqu'il est de pure perte.
Et puis il reviendra et ce sera encore meilleur, ou pas et ce sera aussi bon.
Merci de ta lecture poétique.
F
Je ne saisis pas tout, mais c'est beau, les mots coulent, refluent, font une houle, comme toujours chez vous l'on sent une énergie, douce cette ci, qui sous-tend le texte, et puis "les mots silencieux"...
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F
Un-possible, un simple contour, tout est de nuances Nathanaël. J'aimerai... Merci.
N
Bonjour Fanny, je suis là...
Si vous mettez tous ces mots à contre-jour, peut-être apercevrez vous une silhouette... Un contour, un-possible.
Bonjour Fanny.