Pistard

Publié le 14 Juillet 2013

Pistard

Réponse aux quelques uns, aimablement inquiets, de mon absence sur ces lignes...

PISTARD.

Des nuits et des jours sont passés il est vrai, et bien des intervalles sont comblés, bien des pages blanches entre les chemin de l'encre.

Je pourrais vous parler de moteurs vrombissants, de bitume défilant à une allure sidérale, de prise d'angle sur le bord d'un monde où le ciel tangue de virolo en virolo, vous dire le miracle d'une passion où la poignée de gaz agit sur le cœur de l'homme, où le silence se fait dans le déchainement des engins lachés sur la piste.

Le silence et la sérénité d'une symphonie qui s'écrit de chaleur, d'odeur d’huile et de gomme brulée, qui s'écrit au ralenti, de corps en apesanteur, funambules sur le fil du chrono. Une accalmie dans la fureur du monde, un oubli résolvant l'esprit au temps présent.

Je ne sais rien de ce que je vis. J'ignore à vrai dire pourquoi je le vis, pourquoi je le rêve, comment. Je ne sais rien de ce que je fais, je le fais c'est tout. Je rêve que je le fais et je le fais. Je cherche quelque chose. Je le trouve dans les visages de ces hommes harassés, au cuir défait, souvent tannés du goudron de trop prés tâté, qui flattent, encore ahuris, leur moto d'un regard enjoué, un regard d'enfance retrouvée.

Les grands passages de lumière dans le ciel en friche de nuages buissonnants. Je cherche quelque chose. Je ne sais quels chemins sont les plus favorables, je les emprunte tous, tour à tour, ou simultanément.

Je cherche le jour, comble les intervalles, d'amitiés en amours.

Je chasse la nuit, la table rase de la nuit.

PH.

Pistard
Pistard
Pistard
Bon, pause obligée le temps que ça se consolide !

Bon, pause obligée le temps que ça se consolide !

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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S
Un petit tour par ici puisque le flux rss ne fonctionne toujours pas. Je suis venue à pied, en flânant. Ah je comprends que les mots s'accordent avec tous les sujets. Mais celui-là me fâche, je n'ai pas peur de le dire. Je comprends les passions mais pas les moteurs. Pardon ! Chaque fois qu'une moto vrombira devant chez moi (plusieurs fois par jour à allures démentielles) je penserai à toi, Nathanaël, ce texte aura au moins servi à réveiller mon intérêt (on s'égare tant...).
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C
Tu donnes envie... mais je crois que je préfère te lire!
N
Bonjour Sagine, navré de te fâcher, je comprends l'aversion de certains pour les pétarades motardes en ville...Le monde motard est encore une terre de liberté et de non conformisme, un territoire rebelle il est vrai... Sache néanmoins que j'exerce cette passion vrombissante sur des circuits appropriés et jamais sur route ouverte où je roule très ballade, tout comme j'aime flâner à pieds... Merci de ta visite.
C
Je me sens bête, j'ai l'impression d'être la seule ici à ne pas savoir sentir le charme des moteurs vrombissants! Mais ton texte est très beau.
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N
La passion se cache au moindre recoin, parfois inattendu ! Sais tu, Cardamone, que c'est dans ce vacarme que je trouve un grand silence intérieur ? Bon je le trouve également ailleurs et dans des endroits moins inaccoutumés. Mais cette folie m'a mordu dés l'enfance et malgré quelques cicatrices , ne lâche pas prise ! C'est ainsi.
Salutations Pistardes.
P
Bonjour motard au cœur tendre...
Inquiète je ne l'étais qu'en te sachant sur ces chemins de traverses, justement !
J'ai pris ces chemins, et goûté l'ivresse de la vitesse, puis j'ai remisé l'attirail, la peur aidant, le fil du danger a perdu de sa superbe en moi...
Je le vis par procuration, mon fils a repris le flambeau, la carapace du motard, hélas dirait la mère inquiète ! Et je le vois partir chaque matin sur sa machine, prendre la route que j'ai quittée...
Je prends d'autres chemins, tous ceux que je peux, plus posément, sans savoir non plus, lesquels seront les plus favorables ! Le sait-on jamais ?
Et parfois, une route sinueuse m'ouvre les bras, m'invite à un court moment nostalgique, et me dit "viens"... Et j'aimerais bien, parfois, remonter sur mon cheval métallique, seulement parfois : mon dos n'est pas d'accord !
ps : prends soin de toi !
Amitiés
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N
Après la fraternité de plume, voici celle de bitume !
Oui " chemins de traverses " et danger qui veille , me voici d'ailleurs pour ces raisons là, la clavicule fracturée ! Mais dans l'attente impatience du prochain circuit...Y a t'il de la passion sans mise en danger ? Sachant bien entendu Pascale que celle ci, et à ces vitesses là, s'exprime sur des circuits très encadrés et jamais sur route ouverte. Sur route je roule avec un vieux Triumph TBIRD de 1995...
Amitiés motardes.
J
Photos idéales, de l'homme dans sa quête, sa quête de l'extrême, de ce moment qui n'est pas d'ici et qui consiste à vivre sur le fil. Une limite, juste sur elle, comme sur un amour naissant qu'on veut à tout prix s'autoriser quitte à y laisser son cuir. Tu te trouves là, Nathanaël, exactement là, et ton aventure est aussi celle d'une route bitume aux tendres aspérités. Amitié.
Jonas
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N
Sourire enjoué à ce très beau commentaire, et belle analogie !
Avoir le cuir tanné par la vie, nous nous comprenons mon ami Jonas.
L
...comme quoi la poésie est partout...même dans le vrombissement des moteurs et sous le cambouis... En tant qu'adepte du cheval d'acier, je me sens tout à fait en accord avec toi :)
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N
Heureux de te découvrir adepte de la moto... Et oui la poésie est partout où l'on sait regarder, ce que tu fais fort bien.
Salutations motardes Louv'.
E
ça alors ! je ne m'attendais pas à ça !
Ordalique...
En tout cas, très beau texte... inventif et sauvage, vrombissant, vertigineux, abyssal... Le récit intérieur de "l'homme à la moto" de la chanson de Piaf. Bravo Nathanaël !
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N
Ordalique et oui toujours... Il y a nettement quelque soupçon de cela ! Et quel plaisir...Sur le fil du danger.
A bientôt chez toi Eva.
F
Bonjour Nathanaël
Je te souhaite de beaux moments
Vrooooum!
Frieda
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N
Vraooouuumm Frieda ! Les moments sont beaux effectivement. Je te souhaite en pleine forme , tiens je vais passer te voir.
J
C'est épatant Nathanaël comme tu "poétises" ce que tu fais. Il y a toujours ce regard qui sort de l'ordinaire quelque chose " en plus ". Je ne trouve pas mes mots ce matin...Et... Très belles photos !
Bonne journée.
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N
La vie est ainsi non ? Bonjour Juliette .