Prélude à l'après-midi d'un faune

Publié le 5 Février 2013

Prélude à l'après-midi d'un faune

Sculpture : Edme Bouchardon 1730.

Sur la mousse, sous l'écorce

d'un épais bois enraciné,

songe un faune désoeuvré,

la pose confiante, abandonnée.

*

A quoi rêve t-il en ce lent après-midi,

où danse chaque particule de lumière,

dans le tamis des feuilles,

qui bruissent de leurs fines nervures,

au vent du soleil lointain.

*

Sa flute posée de coté,

ses cornes remisées à la moiteur

de sa chevelure embroussaillée,

immobile, reclus à l'intime,

disponible à l'invisible,

il est.

*

Nu, sa peau, son sang.

nu, sa faim, sa soif.

nu, son inspir, son expir.

dans le silence du monde sans fin,

le faune exige et prie,

l'insatiable ferveur de vie.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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Cardamone 07/02/2013 22:46

De la mousse au bruissement des feuilles au silence du monde sans fin, que j'aime cette trajectoire - les trois derniers vers sont tout particulièrement magnifiques - parfaits. J'adore ce mélange de sensualité et de je dirais spiritualité qui se dégage de ton poème.
.

Nathanaël 08/02/2013 16:20

Sensualité et spiritualité dis tu ... Va pour les deux, je prends !
Merci de ton passage Cardamone.

Pascale 07/02/2013 10:08

Finalement le pachyderme pose ses pieds avec délicatesse sur ce monde de sensualité...
Heureusement... Il neige dehors !
sourire

Nathanaël 08/02/2013 16:16

Le pachyderme a ses ailes de libellule, Pascale. Dans la neige ses traces sont de flocons et de vent. A peine une bourrasque de temps en temps lui échappe, comme un éternuement ! Sourire.

Jonas D. 06/02/2013 23:56

Voilà qu'arrivent avec ces mots le goût de l'attente. Ne sommes-nous pas tous des faunes en attente de perspectives. Mesdames, frissonnez, un homme dont le repos n'est qu'un prélude, rôde ici. Merci pour ce texte, pour ce talent que tu as de nous ouvrir les portes. Bonne nuit !
Jonas

Nathanaël 07/02/2013 09:10

Les portes sont ouvertes... Certains mots seulement mettent la main sur la poignée.
Merci de cette longue ballade aux pâturages Jonas, tu y es chez toi.
Amicalement Nathanaël.

Hélène Carle 06/02/2013 15:59

Un faune qui a bien compris le sens du ¨rien faire¨ !

Hélène*

Nathanaël 06/02/2013 23:07

Celui ci est sur un socle... Tu me diras que cela pourrait être un banc ! Sourire Hélène*.

Fidji 06/02/2013 12:24

Un appel plus que sensuel à celle qui tente et oublie surtout de se faire oublier...

Fidji 16/02/2013 12:13

Oh non, comment pourrais-je reprocher de céder à la tentation, MOI ? Non, non, une amicale inquiétude seulement.

Nathanaël 06/02/2013 23:05

Sentirais-je là, la pointe d'un reproche ?

eva 06/02/2013 09:56

pour tes mots, j'aurais choisi une autre illustration... celle-ci ressemble plutôt à Bacchus ! Tes mots sont si près du ciel, et ce faune endormi est si près de la terre...

Nathanaël 06/02/2013 09:59

Et la terre et le ciel se touchent !

eva 05/02/2013 19:30

moi aussi j'aime beaucoup les faunes... Je me suis bien régalée au musée de Naples et à Pompéi !

http://eva.baila.over-blog.com/article-le-faune-dansant-musee-de-naples-58720579.html

mais, es-tu bien certain que celui-ci doit un faune ? je crois qu'ils ont des sabots à la place des pieds !... Bonne soirée Nathanaël

Nathanaël 06/02/2013 09:00

Le titre de la statue évoque un faune endormi. Et puis c'est l'illustration qui s'accorde à mon inspiration. Je vais suivre ton lien. Merci de ta fidélité.

Laurence 05/02/2013 18:04

Que dire de plus Nathanaël ? C'est tout simplement magnifique. Un vrai bonheur !!

Nathanaël 05/02/2013 19:10

Laurence que ta sensibilité, que je sais grande et exigeante de par ton travail, soit émue , me comble...

esclarmonde 05/02/2013 16:13

J'étais justement en train de demander ce que je pouvais écouter comme musique et tu m'as donné une belle idée : Debussy ! le mariage de cette musique et de ton poème est délicieux... Et les deux derniers vers surtout résonnent comme une musique mélodieuse, merci à toi

Nathanaël 05/02/2013 19:09

Oui bien sûr Debussy, l'inspiration vient de là ... Et d'ailleurs.
Merci de ton passage Esclarmonde, à bientôt chez toi.

Juliette 05/02/2013 14:32

Toujours à l'essentiel, recentré à l'absolu, de la précision et du dépouillement, j'en ai oublié de boire mon thé entre celui ci et les précédents ! "Le faune exige et prie, l'insatiable ferveur de vie."...
Merci Nathanaël.

Nathanaël 05/02/2013 19:06

Oups... Navré pour le thé, promis je recommencerai !
Merci Juliette de cette lecture toujours précise et non dénuée d'une grande sensibilité.

Nais' 05/02/2013 12:17

Bonjour Nathanaël,
Que de nature dans ces mots... L'essentiel y est, que dire de plus ?
Superbe comme toujours !
Bises et bonne journée

Nathanaël 05/02/2013 19:04

Merci Naïs', on pourrait lui présenter la fée verte de ta forêt enchantée ?

Fanny 05/02/2013 11:03

Je suis sous le choc de ces mots doux et bruts, essentiels de vie. Si peu de mots et tant de force.
Nathanaël je ne sais que...

Nathanaël 05/02/2013 19:02

...