Articles avec #regards tag

Publié le 25 Janvier 2016

Lecture

Avant de commencer un livre j'ai toujours une pensée pour celui qui l'a écrit.

Je me dis qu'il a pesé chaque mot, que chaque pensée a mis son temps à s'exprimer, que ce soit des années ou qu'elle rejaillisse, soudain, comme une source souterraine.

Je sais les heures qu'il a passé, les conquêtes et les défaites des mots, des idées. J'imagine l'oubli de soi. Le gout du partage, le don.

Avant de commencer un livre, j'espère toujours une rencontre.

PH.

Merci JPT pour Annie Ernaux. Les premières pages sont une chaleureuse poignée de main.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #regards

Publié le 20 Avril 2014

Rémouleur.

C'est stupéfiant !

Plus nous tombons dans le matérialisme, plus nous nous dématérialisons.

Quelque chose du monde meurt et ce monde est en nous.

 

- L'image de nous même n'est plus l'autre incarné mais la photo, le cinéma, la télévision quotidienne. "Un vol de l'âme" disaient les anciens.

 

- L'argent, " monnaie d'échange ", n'est plus que flux électronique interplanétaire et l'on voit à quelle ruine cela nous mène.

 

- L'électronique, l'informatique... Dans ce monde moderne l'on nous demande de faire des choix à 300 kilomètres/heure, à 300 kilobits/seconde. Comment ne pas se tromper ?

Ce monde a tué la lenteur ! La lente heure.

 

- Nous en sommes même arrivés au livre électronique, parce que c'est pratique ! Est-ce-que l'on demande à la Joconde d'être pratique ?

 

Les mots sont écrits d'encre comme nos corps sont écrits de sang.

Je me sens comme un vieux rémouleur qui hurle sa vie dans les ruelles vides : " rééémouleur, rééémouleur " .

Donnez-moi un mot, un mot, que je l'aiguise à la meule tourbillonante de mon coeur.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #regards

Publié le 22 Mai 2013

Regard XI

Les contes donc disaient vrai, certains humains pouvaient se transformer en animaux.

Celui ci vidait sa vessie contre le mur, tout en la remplissant du même élan, de bière.

Son falzar loqueteux faisait un solide étalage de toutes sortes de crasses.

Il marquait ainsi son territoire de bouts de cartons, d'un jet éclaboussant, laissait sa trace s'épanouissant en un nénuphar jaune et malodorant entre ses groles.

Allait-il sauter sur une voiture, soudain s'ébrouer et hurler à la jungle urbaine sa présence, ou s'écrouler juste là et considérer ses ruisselets hésitants, regagnants, leur place au caniveau.

Quel petit enfant avait-il été, me demandais-je ? Quels hasards de la vie l'ont-ils amené à devenir cet épouvantail ambulant.

Lui, eux: les clochards, qui n'ont rien à vendre, ni blagues, ni tours de magie, de force ou d'adresse, ni même plus un sourire édenté à offrir parfois.

Ils sont moches, guenilleux et crasseux, ils puent, dorment en plein jour, n'importe où et dans quelques positions improbables, ils marchent le dos vouté, cassés par leurs jours dehors, trimballants des paquets informes d'un pas lourd et chancelant, souvent ils vocifèrent contre un quidam croisé ou simplement tout seuls, toujours fâchés.

Parfois une piécette, dans une boite en fer blanc vient faire son cling-cling, soulageant la crainte d'un passant inquiet de son propre avenir, ou absolvant celui-ci d'une diffuse culpabilité.

Ils sont là et l'ont toujours été.

Les spectateurs, désœuvrés, au nombre d'une dizaine, sont installés sur la terrasse, face au soleil couchant qui dore leurs visages, leur faisant un masque de lumière qui chatoie sur leurs faces ambrées. J'en fais partie, sirotant le café ponctuant une journée bien menée. J'observe l'un et les autres, j'observe mes auto-justifications, baigné d'une musique composée d'un fouillis de bruits urbains où perce un instant le grisollement d'une alouette.

Les contes donc disaient vrais, mais qui sera la princesse qui embrassera celui-là ?

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #regards

Publié le 20 Novembre 2012

Montage perso.

Montage perso.

Avoir inscrit le principe de précaution, dans la constitution, que ça m'agace, j'aurais préféré l'audace.

Radars, éthylotest, détecteurs de fumées, ceinture de sécurité, manger bio, tri sélectif, éviter le soleil, cholestérol, diabète, surpoids, anorexie, psychologie par ci, dyslexie, tri sélectif, plastique, papier recyclé, vitesse adaptée, normes de ceci, couche d'ozone, interdit de pisser, radars de feux rouges, radars de vitesse, radars de double file, et radars à cons ? anxiolytiques, contre façons, rapt, et puis le C.I.C.A, viol, agression, casque à vélo, extincteur et gilet jaune, baignades interdites, normes de cela, ballades dangereuses, psychologie par là, et vice versa surtout pas vice verso, précautions, protections ... et puis et puis ...

A force de vouloir nous empêcher de mourir, ils nous empêchent de vivre !

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #groumph, #regards

Publié le 23 Octobre 2012

Le moineau !

Le moineau !

Tôt le matin j'écris, lorsque soudain un choc derrière moi.

La baie vitrée étamée d'obscurité a leurré le moineau. Il est là, au sol, titubant ,comme saoulé de sa rencontre frappante avec son reflet. Il chancelle, puis posément posé, pattes et queue lui faisant trépied, se reprend à lui même.

Tant que j'écris, il est là. Je l'observe un moment, une prière me vient, me laisse, va vers lui.

Son oeil rond comme une petite bille, cligne comme subjugué, converse-t-il avec son reflet rencontré, son autre fasciné, sa source hallucinée ?

Le vent souffle ses plumes en petits paquets ébourrifés chasse son amnésie, lui souffle dans les ailes lui rappelle son destin, le veut sur son dos, implore son instinct, se fait prière.

Alors le moineau fait son albatros...Et hop...Le moineau s'est envolé.

Ouf... Je suis sauvé !

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #regards

Publié le 16 Octobre 2012

Notre Dame de la pinède.

Notre Dame de la pinède.

Il y a cette église, entre pins parasols et palmiers, beaux vitraux absidiaux, grands piliers , clarté du matin.

Il y a beaucoup d'amis, une centaine peut être, pour cet ami là, sous les fleurs, dans le bois ciré.

Il y a ce prêtre, une voix comme un scapulaire sur nous, vêtement de voyageur qui nous guide sur un chemin d'éternité.

Et puis il y a cette musique de fond, elfique, derrière l'église surement une maternelle, pépiement d'enfants.

Il y a tout, réuni là, en un lieu, un instant béni.

J'étais venu apporter mon réconfort, et c'est moi qui en ait reçu !

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #regards

Publié le 14 Octobre 2012

Regard VII

Iconoclastie perso.

Sans commentaire.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #regards

Publié le 14 Octobre 2012

Regard VI

Quatorze heures, un petit village provençal, le seul bistrot, deux tables dépareillées, un parasol déplumé, une fontaine poubelle. J'entre quand même : je suis affamé.

Au comptoir, trois regards ralentis ont les pieds plantés dans la sciure.

" bonjour, c'est possible d'avoir un jambon-beurre ? "

...

Mouvements et réflexion empastagassés . Bruit d'un glaçon qui se fissure.

...

" Y a un ptirestau à Mazaugues " machonne l'un.

" Merci, bonne journée, messieurs "

Je ressors souriant.

Ouf... Ils ont failli travailller !

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #regards

Publié le 12 Octobre 2012

Photo: inconnu.

Photo: inconnu.

J'écoute cet ami là, et j'entends des pierres rouler dans sa bouche, du sable s'en exhaler, les mots s'envolent déjà poussière, je suis assoiffé, je le regarde et me demande où en ce reg est la source ?

Faut il que je me fasse touareg , sourcier, dois je aller quérir quelque oasis ? M'assoir au coin de la dune de son blabla et attendre-voir-venir ? Je reste là, érodé par cette amitié aride.

Espérant.

PH.

Regard V

Il parlait cailloux et vivait cailloux, puis il vint me voir et me dit qu'il était malheureux d'être caillou au bord du chemin.

Tu as donc découvert le chemin - lui dis-je.

Stupéfaction, déni, résistance... Tu es loin sur le chemin me dit-il, et tu n'as pas besoin de moi.

Je n'ai pas besoin d'un caillou, répondis-je. Viens ...

J'attends - Espérant.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #regards

Publié le 11 Octobre 2012

Audrey bunt

Audrey bunt

Lecture.

Le serveur s'approche avec mon expresso fumant et, avisant le livre :

" J'en ai moi aussi "

Sourire silencieux.

" J'en ai plein, moi "

Sourire interrogatif.

" J'en ai plein des COMME CA, chez moi "

Sourire entendu.

Il s'en retourne contenté.

Posséder des " comme ça ", c'est déjà ça, ça meuble...la conversation !

Sourire tout court.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #regards