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Publié le 9 Avril 2014

Planche représentant une version latine de la Table d’émeraude gravée sur un rocher dans une édition de l’Amphitheatrum Sapientiae Eternae (1610) de l’alchimiste allemand Heinrich Khunrath.

Planche représentant une version latine de la Table d’émeraude gravée sur un rocher dans une édition de l’Amphitheatrum Sapientiae Eternae (1610) de l’alchimiste allemand Heinrich Khunrath.

« Il est vrai, sans mensonge, certain, et très véritable: Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d'une seule chose.

Et comme toutes les choses ont été, et sont venues d’un, par la méditation d’un: ainsi toutes les choses ont été nées de cette chose unique, par adaptation.

Le soleil en est le père, la lune est sa mère, le vent l’a porté dans son ventre; la Terre est sa nourrice.

Le père de tout le telesme de tout le monde est ici. Sa force ou puissance est entière, si elle est convertie en terre.

Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais doucement, avec grande industrie.

Il monte de la terre au ciel, et derechef il descend en terre, et il reçoit la force des choses supérieures et inférieures.

Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde; et pour cela toute obscurité s’enfuira de toi.

C'est la force forte de toute force: car elle vaincra toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide.

Ainsi le monde a été créé.

De ceci seront et sortiront d'admirables adaptations, desquelles le moyen en est ici.

C’est pourquoi j'ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde.

Ce que j’ai dit de l'opération du Soleil est accompli, et parachevé. »

La Table d’émeraude d’Hermès Trismégiste, père des Philosophes

(traduction de l’Hortulain)

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 19 Avril 2013

La poésie

Ce qui s'enfuit du monde c'est la poésie.

La poésie n'est pas un genre littéraire, elle est l'expérience spirituelle de la vie, la plus haute densité de précision, l'intuition aveuglante que la vie la plus frêle est une vie sans fin.

Christian Bobin - Carnet du soleil -

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 2 Février 2013

Exposition Daniel Firman

Exposition Daniel Firman

Charles Juliet:

Il y a une marge

entre ce que je suis

et celui que je voudrais être

il y a une marge

entre la vie que je mène

et la vie à laquelle j'aspire

il y a une marge

entre ce que j'écris

et ce que je voudrais écrire

j'ai travaillé et je travaille

avec ténacité à réduire

ces marges qui n'en font qu'une

Charles Juliet. (Extrait de Moisson)

Echo à : En chemin

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 16 Décembre 2012

Photo : inconnu

Photo : inconnu

De Christian Bobin :

Le grand délire de la jalousie.

Rien ne ressemble plus à l'amour et rien ne lui est plus contraire, violemment contraire.

Le jaloux croit témoigner, par ses larmes, par ses cris, de la grandeur de son amour. Il ne fait qu'exprimer cette préférence archaïque que chacun a pour soi même. Dans la jalousie il n'y a pas trois personnes, il n'y en a même pas deux, il n'y en a soudain plus qu'une en proie au bourdonnement de sa folie : je t'aime donc tu me dois tout. Je t'aime donc je suis dépendant de toi, donc tu es lié par cette dépendance, tu es dépendante de ma dépendance et tu dois me combler en tout et puisque tu ne me combles pas en tout , c'est que tu ne me combles en rien, et je t'en veux pour tout et pour rien, parce que je suis dépendant de toi et que je voudrai ne plus l'être, et parce que je voudrai que tu répondes à cette dépendance, etc. Le discours de la jalousie est intarissable. Il se nourrit de lui même e n'appelle aucune réponse, d'ailleurs il n'en supporte aucune- toupie, spirale, enfer.

J'ai connu ce sentiment quinze jours, mais une heure aurait suffit amplement pour le connaitre tout. Au bout du quinzième jour l'enfer était passé, définitivement. Pendant ces quinze jours je piétinais dans la mauvaise éternité des plaintes: j'avais l'impression que tu épousais le monde entier - sauf moi. C'était le petit enfant en moi qui trépignait et faisait valoir sa douleur comme monnaie d'échange.

Et puis j'ai vu que tu n'écoutais pas ce genre de choses et j'ai compris que tu avais raison de n'en rien entendre : le discours de la plainte est inaudible. Aucune trace d'amour là-dedans. Juste un bruit, un ressassement furieux : moi, moi, moi. Et encore moi. Au bout des quinze jours un voile s'est déchiré en une seconde. Je pourrais presque parler de révélation. D'ailleurs c'en est une.

Tout d'un coup ça m'était égal que tu aimes le monde entier. Ce jour là j'ai perdu une chose et j'en ai gagné une autre. Je sais très bien ce que j'ai perdu. Ce que j'ai gagné, je ne sais comment le nommer. Je sais seulement que c'est inépuisable.

Christian Bobin - La plus que vive - p 40-41 -

Ainsi que vous le dites Eva : " mais c'est la vie, une éclipse ne dure jamais longtemps, la lumière revient toujours, d'une autre façon, sous une autre forme... " et vous avez bien raison ! Amicale pensée à vous .

PH.

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 26 Novembre 2012

Photo : inconnu

Photo : inconnu

Vues des Anges, les cimes des arbres peut-être

sont des racines, buvant les cieux ;

et dans le sol, les profondes racines d'un hêtre

leur semblent des faîtes silencieux.

Pour eux, la terre, n'est-elle point transparente

en face d'un ciel, plein comme un corps ?

Cette terre ardente, où se lamente

auprès des sources l'oubli des morts.

Rainer Maria Rilke (1875-1926) - Recueil : Vergers -

Merci à Jeanne.

En réponse à "Racines..." : http://paturages-du-ciel.overblog.com/racines

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 5 Novembre 2012

Photo : Olive White

Photo : Olive White

"Mais parce qu'être ici, c'est beaucoup. Et qu'ici tout, semble t'il, a besoin de nous, ces choses éphémères qui étrangement nous appellent, nous les éphémères.

Une fois chaque chose, rien qu'une fois. Une fois et c'est tout.

Et nous aussi rien qu'une fois. Et jamais plus.

Mais une fois quand ce ne serait qu'une fois avoir été celà : de cette terre, voilà qui semble irrévocable".

Rainer Maria Rilke. Elegie de Duino. 9ème Elegie

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 4 Novembre 2012

Le mérite...

"Supprimer en soi l'idée de mérite. C'est un grand achoppement pour l'esprit."

André Gide - Les nourritures terrestres -

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 4 Novembre 2012

Réflexion...

S'il est un fait étrange et inexplicable, c'est bien qu'une créature douée d'intelligence et de sensibilité reste toujours assise sur la même opinion, toujours cohérente avec elle-même. Tout se transforme continuellement, dans notre corps aussi et par conséquent dans notre cerveau. Alors, comment, sinon pour cause de maladie, tomber et retomber dans cette anomalie de vouloir penser aujourd'hui la même chose qu'hier, alors que non seulement le cerveau d'aujourd'hui n'est déjà plus celui d'hier mais que même le jour d'aujourd'hui n'est pas celui d'hier ? Être cohérent est une maladie, un atavisme peut-être ; cela remonte à des ancêtres animaux, à un stade de leur évolution où cette disgrâce était naturelle. »

« Un être doté de nerfs moderne, d'une intelligence sans œillères, d'une sensibilité en éveil, a le devoir cérébral de changer d'opinion et de certitude plusieurs fois par jour. »

Fernando Pessoa.

Rédigé par Nathanaël

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