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Publié le 19 Octobre 2012

Photo:inconnu.

Photo:inconnu.

Une existence pathétique, Nathanaël, plutôt que la tranquilité. Je ne souhaite pas d'autre repos que celui du sommeil de la mort. J'ai peur que tout désir, toute énergie que je n'aurais pas satisfaits durant ma vie, pour leur survie ne me tourmentent. j'espère, après avoir exprimé sur cette terre tout ce qui attendait en moi, satisfait, mourir complètement désespéré.

- Les nourritures terrestres - Gide -

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 17 Octobre 2012

Photo: inconnu.

Photo: inconnu.

Je suis un jour entré dans un lien où chaque parole de l’un était recueillie sans faute par l’autre. Il en allait de même pour chaque silence. Ce n’était pas cette fusion que connaissent les amants à leurs débuts et qui est un état irréel et destructeur. Il y avait dans l’amplitude de ce lien quelque chose de musical et nous y étions tout à la fois ensemble et séparés, comme les deux ailes diaphanes d’une libellule. Pour avoir connu cette plénitude, je sais que l’amour n’a rien à voir avec la sentimentalité qui traîne dans les chansons et qu’il n’est pas non plus du côté de la sexualité dont le monde fait sa marchandise première- celle qui permet de vendre toutes les autres. L’amour est le miracle d’être un jour entendu jusque dans nos silences, et d’entendre en retour avec la même délicatesse : la vie à l’état pur, aussi fine que l’air qui soutient les ailes des libellules et se réjouit de leur danse.

C.Bobin - Ressusciter.

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 15 Octobre 2012

Vers l'enfer.

je me demande comment on peut marcher vers l’enfer en chantant.

Philippe Djian - Zone érogène.

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 15 Octobre 2012

Ballade à Gruissan : par Dune.

Ballade à Gruissan : par Dune.

On a remonté la rue silencieusement. Il arrive un moment ou le silence entre deux personnes peut avoir la pureté d'un diamant. C’était le cas.

Philippe Djian - 37°2 le matin.

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 14 Octobre 2012

Photo : Sylvain Lagarde

Photo : Sylvain Lagarde

Comment ouvrir un livre ? Le danger est trop grave de libérer des fauves.

Comment ouvrir la bouche ? Un grand poème en guerre gît décimé sur ma langue.

Comment ouvrir les yeux ? J'ai bien trop peur de ne voir que l'ombre de moi même Et mon ombre est un clou planté dans le soleil

L'inaperçu par Sylvie Germain

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 14 Octobre 2012

Volé les mots

Quelque chose dans ma bouche remue comme un vent mou

Je est parti sans même prendre le temps de naître

Prudence quand on mord dans une pomme une prune une pêche ! Elles pourraient bien vous mordre en retour un orage gronde dans le noyeau des fruits

Affres de beauté: saisir l'instant où un cil tombe sur le bois d'une table entendre au loin le doux et monotone grincement d'une poulie apercevoir en marchant dans une rue une touffe de saxifrages ou de cresson doré qui affleure des barreaux d'un soupirail

Qui vous dit que je ne suis pas beaucoup plus vieille que la plupart d'entre vous à commencer par vous mes ancêtres batée d'une sagesse millénaire qui me fait passer à vos yeux pour une insensée ?

Le jour aiguise sa terreur le jour acère ses couteaux sur le mépris des bonnes gens à l'égard des batardes et des impertinentes

On m'a volé les mots le droit et la force de les lancer où et quand bon m'en semble des mots pour lapider leur bétise leurs mensonges leurs flatulences

En guise de baptème j'ai été ointe de crachats

Ce soir une mouche est venue mourir sur le sol de ma chambre longue agonie je les ai regardés en totale empathie dénuée de toute émotion: la mouche l'agonie moi regardés assîdument

Mon sexe-rose et blond au dehors nocturne au dedans et si doux si tendre délicieux à toucher mon sexe aux jolies lèvres closes connaît tant de chansons pépie de tant de fi!èvres comme ma bouche Aurais-je ces violents saignements si on ne m'avait pas cousu les lèvres toutes les lèvres Oh mes bouches martyres !

De qui se moque-t-on au fond de mon gosier ? De qui est-ce qu'on clabaude médit en gloussant crachotant ? De moi bien sûr de moi !

( ... )

L' Inaperçu

Par Sylvie Germain

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 12 Octobre 2012

Photo: Lucien Clergue.

Photo: Lucien Clergue.

Finalement, je trouvai la force de dire ceci :

"Lowenstein, vous tenez là la raison pour laquelle je hais le siècle où je suis né. Pourquoi a-t-il fallu que je voie le jour au siècle de Sigmund Freud ? Je méprise son jargon, ses disciples fanatiques, ses obscures incantations au psychisme, ses improuvables et rêveuses théories, ses catégorisations à n'en plus finir de tout ce qui est humain.

Je tiens donc à faire une déclaration solennelle, fruit d'une mûre réflexion et d'une longue délibération. J'emmerde Sigmund Freud. J'emmerde sa mère, son père, ses enfants et ses grands-parents. J'emmerde son chien, son chat, son perroquet et tous les animaux du zoo de Vienne. J'emmerde ses livres, ses idées, ses théories, ses rêves éveillés, ses fantasmes cochons et la chaise où il s'asseyait. J'emmerde ce siècle, année par année, jour par jour, heure par heure, et j'englobe tout dans ce misérable avortement de cent années de temps que je balance dans l'odorante chaise percée de Sigmund Freud."

Pat conroy- Le prince des marées.

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 12 Octobre 2012

l'arbre-livre.

Un jour elle lui a dit: " J'ai longtemps voulu devenir un arbre, quand je serais grande, mais maintenant, c'est un livre que j'aimerais devenir. Un arbre-livre, dont chaque feuille serait une page écrite par le vent, les insectes, le soleil et la pluie, les oiseaux, les rayons de lune. Chaque printemps, une nouvelle histoire s'inventerait, elle resplendirait en été, se défeuillerait en automne, s'effacerait en hiver, et ça recommencerait, sans fin."

Sylvie Germain - L'inaperçu.

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 12 Octobre 2012

Je te vois.

Je décelais nettement la braise qui couvait au fond de ses orbites, semblable aux laves océanes que ni les milliards de tonnes d'eau, ni les ténèbres abyssales n'étoufferaient.

Yasmina Khadra - Ce que le jour doit à la nuit.

Rédigé par Nathanaël

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Publié le 9 Octobre 2012

Photo : inconnu...Et c'est bien dommage .

Photo : inconnu...Et c'est bien dommage .

Tout comme les mouches, l'usage de l'éventail devient un véritable langage de société.

Ainsi, cette codification compliquée facilitera ou freinera les ardeurs de ces messieurs de la Cour.

L’art de s'en servir a permis d'exprimer les états d'âme, du badinage aux déclarations d'amour dans un langage qui lui est propre.

  • Le tenir dans la main droite face au visage : Suivez-moi.

  • Le tenir dans la main gauche face au visage : Je désire un entretien.

  • Le poser contre l'oreille gauche : Je désire que vous me laissiez tranquille.

  • Le glisser sur le front : Vous avez changé.

  • Le faire tournoyer dans la main gauche : Nous sommes surveillés.

  • Le tenir dans la main droite : Vous êtes entreprenant

  • Le faire glisser dans la main : Je vous hais.

  • Le faire tournoyer dans la main droite : J'aime quelqu'un d'autre.

  • Le faire glisser sur la joue et le poser sur le menton : Je vous aime.

  • Le présenter fermé : M'aimez-vous ?

  • Le faire glisser devant les yeux : Je suis désolée.

  • Toucher l'extrémité du doigt : Je désire vous parler !

  • Le poser immobile sur la joue droite : Oui.

  • Le poser immobile sur la joue gauche : Non.

  • Ouvrir et fermer : Vous êtes cruel

  • Le laisser pendre : Nous resterons amis.

  • S'éventer lentement : Je suis mariée.

  • S'éventer rapidement : Je suis fiancée.

codification reprise par Christiane Guérin.

Comme sublime revers de la délicatesse et de la pudeur féminine, l'éventail est également une arme à la base d'un art martial.

Rédigé par Nathanaël

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