Vivons.

Publié le 1 Novembre 2013

photo de Maurizio Cattelan de 1999  "l'amour ne dure éternellement" ( merci Eva )

photo de Maurizio Cattelan de 1999 "l'amour ne dure éternellement" ( merci Eva )

Nous, les enfants, nous tremblons.

Nous tremblons, jeunes agneaux, qu'on nous immole.

Nous tremblons, dorés, qu'on nous fonde.

*

Il faut écraser l'infâme,

Il faut écarter les superstitions,

Il faut ruiner la foi,

Il faut extirper le fanatisme.

*

Nous, les enfants, en nos Dieux nous croyons.

A nos Dieux, nous sommes offerts.

Nous, les enfants, sur l'autel , nous sommes écartelés, idolâtres.

*

Il faut briser la lame de nos pères.

Il faut se laver du sang des mères.

Il faut rejeter le joug des générations.

Ainsi nous dévasterons les guerres.

*

Les Dieux sont morts. En nous seulement ils subsistent.

Les vénérer,c'est mettre sa cause dans le néant.

Laissons les sur leurs croix d'esclaves, cloués.

Vivons !

PH.

*

*

La grandeur de cet acte est-elle trop grande pour nous ?

Nietzshe.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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Juliette 12/11/2013 11:25

J'entends se défaire des liens, des croyances du passé. De celles qui nous entravent, nous guident ailleurs que dans notre propre désir. Croyances, dettes, comptes et crédits... Sacré chemin, quoi qu’ici " sacré " est de trop :-)
Bonne journée Nathanaël.

Jonas D 07/11/2013 09:34

Bonjour cher Nathanaël, il est étonnant (et peut-être rassurant) combien ton texte, si fort, résonne déjà avec celui qui paraîtra demain chez moi "la clairière des amours". Je suis heureux de paître à nouveau ces pâturages-là qui, à chaque vers, me portent un peu plus loin. "Nous tremblons, dorés, qu'on nous fonde". Comme je te rejoins sur ces autels vains et dangereux... Amitiés +
Jonas
PS. Et peut-être que...seul, l'amour s'endure éternellement. Va savoir.

Nathanaël 12/11/2013 17:27

Tu me vois ravi, si mes vers te portent plus loin, plus profond.
Tout autant que nous nous rejoignons sur quelques autels que ce soit.
Quant à l'amour, si ce n'est l’idolâtre que j'évoque ici , alors oui qu'il sent dur parfois.
Je vais de ce pas faire un tour dans ta clairière....
Ami Jonas.

Laurence 05/11/2013 16:00

M'enfin ! C'est un texte totalement iconoclaste !!!

Mais comme c'est bon :)

Nathanaël 05/11/2013 18:25

j'aaaadore le " mais comme c'est bon " !
Justement c'est pour cela qu'il y a tant de résistance à la désaliénation des individus. Iconoclaste... J'en viendrais un jour à l'idée du mérite.
Bonsoir Laurence, merci de ton passage, je vais aller pointer le bout de mon nez chez toi.

eva 04/11/2013 10:44

Le titre de cette photo de Maurizio Cattelan de 1999 est "l'amour ne dure éternellement"...
C'est intéressant, parce que cela ne semble pas avoir de rapport direct avec les Musiciens de Brême...Par ailleurs, le titre de cette photo est probablement une provocation. En tout cas, il est, pour quelques uns d'entre nous, une contradiction...
Tout ce que nous faisons voguer sur le net (comme coquilles de noix sur un ruisseau) est happé par les uns et par les autres et trituré dans tous les sens, quelquefois sans rapport avec ce que nous avons exprimé. @ bientôt Nathanaël...

Nathanaël 04/11/2013 18:00

Oui tu as raison Eva !
Ceci dit ici cela résonne pour moi des deux façons, "l'amour ne dure pas éternellement " et son aveuglement non plus, celui de l'enfant pour ses Dieux-parents.
Et aussi la résistance forte de la société au changement , à l'autonomie des uns, à la réflexion des autres, c'est en cela que ces 4 animaux, symbolisant chacun une partie de soi, me parle. Qui plus est ainsi représentés sous forme de vanités.
C'est un peu trituré, beaucoup ?
Merci à toi d'avoir "finalement" commenté, j'aime ta présence en ces lieux.
Bonsoir Eva.

Cardamone 03/11/2013 22:06

J'ai adoré la belle énergie de l'écriture nietzschéenne. Je crois qu'aujourd'hui elle m'embarque un peu moins - sans doute j'ai vieilli!

Nathanaël 04/11/2013 18:04

Mais non ! l'énergie sourde sous la délicatesse de ton écriture. Bonsoir Cardamone.

Erin (Carmen) 01/11/2013 17:41

Les musiciens de Brême ou d'ailleurs doivent mener grand tapage pour faire fuir les voleurs.
Après l'enfance soumise, puis l'enfance royale, quelle place, quels espoirs, quels modèles, quelle éducation de bon sens pouvons nous leur offrir. L'adolescence sera toujours là, mais comment vivront-ils leur révolte autrement que dans des paradis artificiels ?
C'est cet élan, seulement cet élan de vie qu'il faut respecter et préserver sans l'étouffer par nos rengaines d'adultes, en restant intègres nous-mêmes, inébranlables, dans notre amour, nos actes et nos paroles. (je sais en disant cela que les mots que j'utilise peuvent être compris de bien des façons... hélas) J'aime la force qui se dégage de ce poème (je ne parle pas d'autoritarisme) Je trouve que nous vivons une période molle, entourés de structures trop rigides. Amitiés. Carmen

Nathanaël 02/11/2013 18:25

Bonsoir Carmen.
Je suis d'accord avec vous.
Veillons aussi à l'enfant en nous même car il est le père de l'homme.
Et j'aime beaucoup cette phrase " Je trouve que nous vivons une période molle, entourés de structures trop rigides."