Une regrettable affaire.

Publié le 29 Janvier 2015

Roger Livet, Une regrettable affaire

Roger Livet, Une regrettable affaire

N'être épris de personne, sinon d'absolu.

...

C'est une quête de l'impossible inatteignable, le meilleur moyen d'être toujours déçu(e). L'amour de la quête plus que d'autrui. Ce n'est pas une communion mais une passion.

La réalité, la réalité est l'ennemi de toute passion.

L'échange, le relation à l'autre aussi. L'autre n'existe pas dans la passion, seul le double, le double de soi, parfait, est.

Le cynisme à la rescousse, la souffrance comme deux mains tendues en avant afin de se protéger, de se protéger de la réalité.

Nous naissons non-parlant, devons apprendre la langue sur le visage de nos proches. Mais toute notre vie durant, nous sommes des chairs où le langage défaille.

Il en reste un silence, à ne pas confondre avec une prière, avec le recueillement.

un silence comme une arme, contre la relation à l'autre, un silence comme une désolation, un délaissement, une lassitude de la déception annoncée.

Ce silence du début des jours, est régression, il confine à l'autisme. Il replie l'âme sur elle même, en circuit fermé, c'est la folie de la boucle.

C'est aussi la folie de l'amour passionné de croire à " la retrouvaille " de la communication instantanée d'un être avec un autre, sans parole, sans langage. Fusionnelle. Sans plus de genres ni de rôles.

Seule la foi peut cela.

La foi est.

Mais c 'est une chose que de croire et une autre de discerner.

Je suis las, ce soir, parlons d'autre chose veux-tu ?

PH.

Luca Di Muzio
Luca Di Muzio

La libellule voit le ciel à travers le vitrail de ses ailes.

Lui, écoute la vie, et tente de devenir son confident. Il enregistre les secousses de l'invisible, son cœur est sismographe.

Lorsqu'elle vibre ses élytres, pour gagner sa céleste, il est à l'épicentre du séisme.

Elle n'est pas de ce monde et ne veut ni de sa guerre ni de sa paix.

Elle virevolte à l'infini, pour oublier toutes les espérances détruites, et de son vol toucher à la lumineuse douleur de vivre.

Lui, demeure, sur le versant ombragé des jours, claudiquant, mais...boiter n'est pas pêcher.

PH.

Rédigé par Nathanaël

Publié dans #ecrits

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Jonas D. 05/02/2015 10:19

Alors voilà, c'est dit, ou plutôt c'est écrit, Cardamone l'a fait : cette capacité que tu as à t'exprimer. D'aucuns, dont je crois faire partie, prennent les voies biaisées pour construire des images qui parlent de nous, toi, tu as la conscience de nous entraîner dans une réalité où chacun de tes mots a un sens profond, où chacun de tes mots nous renvoie sur un autre qui lui-même se décline. Ainsi, ici, sais-tu traiter avec ce bel esprit qui est le tien, le triste de constat que l'amour et la réalité ne peuvent qu'être isolés l'un de l'une, car l'un se hume et l'une se touche. L'amour est d'un autre monde que le nôtre, dans un écrin non appesanti par la matière. On peut parler d'autre chose, mais comme tu l'écris si bien "c'est la folie de la boucle". Courage et amitié. Jonas

Cardamone 02/02/2015 23:30

"la lumineuse douleur de vivre", j'aime ces mots, et c'est quelque chose qui me touche beaucoup dans tes textes, ta capacité à l'exprimer.

Nathanaël 03/02/2015 11:26

Et réciproquement Cardamone, sourire complice.

eva 30/01/2015 10:20

"N'être épris de personne, sinon d'absolu.".... ben, j'ai essayé, et je n'ai pas pu... c'est comme une maladie (l'amour de l'autre)

Nathanaël 03/02/2015 11:22

Une maladie oui... La passion, mais quelle douce douleur de vie. Bonjour Eva.